En cette rentrée 2026, la cantine à 1 euro continue d’exister, mais plus pour tout le monde. Depuis le 26 juillet 2025, aucune nouvelle commune ne peut rejoindre le dispositif national. Les 3 090 collectivités déjà engagées, elles, conservent l’aide de l’État jusqu’au 31 décembre 2027. Dans ces communes, le repas est facturé 1 euro au maximum aux familles dont le quotient familial de la Caisse d’allocations familiales (Caf) est inférieur ou égal à 1 000 euros. Pour chaque repas servi à ce tarif, l’État verse 3 euros à la commune, et même 4 euros si la cantine s’engage sur la qualité des repas.

Un dispositif fermé aux nouvelles communes, maintenu jusqu’à fin 2027

Lancée en avril 2019, la cantine à 1 euro visait les petites communes rurales aux finances modestes. Le principe est simple : la commune met en place une grille de tarifs selon les revenus, l’État lui rembourse une partie du coût des repas les moins chers.Fin 2024, 2 674 collectivités étaient inscrites. Au 31 octobre 2025, elles étaient 3 090, soit 416 nouvelles inscriptions sur le seul premier semestre 2025.

C’est justement ce succès qui a conduit l’État à fermer la porte. Dans une réponse publiée au Sénat le 22 janvier 2026, le Gouvernement confirme que, depuis le 26 juillet 2025, plus aucune collectivité ne peut adhérer. L’objectif est de maîtriser la dépense tout en garantissant l’aide à celles qui se sont déjà engagées. Ces dernières la percevront jusqu’au 31 décembre 2027, date de fin du Pacte des solidarités qui porte la mesure.

Le budget suit cette logique. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit 76,9 millions d’euros pour le dispositif, soit 5 millions d’euros de plus qu’en loi de finances initiale pour 2025, et plus du double des 36,2 millions d’euros inscrits en 2024. Cette enveloppe sert à honorer les engagements pris auprès des communes inscrites, pas à en accueillir de nouvelles.

Qui a droit au repas à 1 euro ?

Le tarif social n’est pas automatique et ne concerne pas toutes les familles. Depuis août 2022, le repas à 1 euro maximum est réservé aux foyers dont le quotient familial Caf est inférieur ou égal à 1 000 euros. Ce quotient tient compte de vos revenus, des prestations familiales que vous percevez et du nombre de personnes à charge. Vous le trouvez dans votre espace Mon Compte sur caf.fr, où vous pouvez télécharger une attestation de quotient familial.

La commune participante doit aussi respecter une règle de construction de ses tarifs. Sa grille comprend au moins trois tranches, calculées selon les revenus et le nombre d’enfants du foyer. Au moins une tranche propose un repas à 1 euro ou moins, et au moins une tranche propose un repas à plus de 1 euro. Les familles au-dessus de 1 000 euros de quotient familial paient donc un tarif plus élevé, fixé librement par la commune.

Concrètement, une famille dont le quotient familial est de 850 euros paiera au plus 1 euro par repas dans une commune inscrite. Une famille dont le quotient atteint 1 200 euros relèvera d’une tranche supérieure, dont le prix dépend de la grille locale. Le dispositif s’applique aux écoles maternelles et élémentaires, qui relèvent de la commune.

Quelles communes peuvent proposer ce tarif ?

L’aide de l’État vise les territoires ruraux les plus fragiles. Trois catégories de collectivités sont éligibles.

Collectivité Condition d’éligibilité
Commune Moins de 10 000 habitants et potentiel financier par habitant inférieur au double de celui de sa strate démographique (fraction péréquation de la dotation de solidarité rurale)
Regroupement pédagogique intercommunal (RPI) Regroupement d’écoles de plusieurs petites communes, dès lors qu’il gère la cantine
Intercommunalité (EPCI) Au moins deux tiers de la population résidant dans des communes éligibles

Les grandes villes ne sont donc pas concernées par la cantine à 1 euro nationale. Beaucoup d’entre elles appliquent néanmoins leur propre tarification au quotient familial, avec des premières tranches parfois inférieures à 1 euro. Seule la mairie peut vous renseigner sur la grille en vigueur.

Combien l’État verse-t-il à la commune ?

Depuis janvier 2021, l’État rembourse 3 euros à la collectivité pour chaque repas facturé 1 euro ou moins aux familles. Depuis le 1er janvier 2024, cette aide est portée à 4 euros par repas pour les cantines engagées dans les objectifs de la loi EGalim, c’est-à-dire au moins 50 pour cent de produits durables et de qualité dont 20 pour cent de produits biologiques, et qui ont déclaré leurs achats sur la plateforme ma-cantine. Selon la réponse ministérielle de janvier 2026, 1 230 collectivités ont demandé ce bonus.

C’est l’Agence de services et de paiement (ASP) qui instruit les dossiers et verse l’aide aux communes, sur la base du nombre de repas réellement servis à 1 euro ou moins.Sur l’année scolaire 2023-2024, plus de 19 millions de repas ont été servis en tarification sociale, et 193 000 élèves ont bénéficié du tarif en 2024. Selon le bilan du ministère des Solidarités publié en décembre 2023, plus de 26 millions de repas avaient été servis à 1 euro ou moins depuis le lancement du dispositif.

Comment savoir si votre commune participe et demander le tarif ?

Il n’existe pas de liste publique des communes inscrites consultable par les familles. La démarche passe donc par votre mairie, qui gère la cantine de l’école primaire et fixe ses tarifs. Voici la marche à suivre.

Un point à retenir : le quotient familial pris en compte est celui que la Caf calcule, pas le quotient fiscal des impôts. Les deux notions sont différentes et le second est souvent plus élevé. Si vous n’êtes pas allocataire, certaines communes calculent elles-mêmes un quotient à partir de votre avis d’imposition.

Et si votre commune ne propose pas la cantine à 1 euro ?

Dans les communes non inscrites, d’autres solutions existent. Service-public rappelle que les tarifs de la cantine à l’école primaire sont fixés par la commune et que celle-ci peut appliquer le quotient familial pour adapter le prix du repas à vos revenus et à vos charges. Dans certaines communes, des aides spécifiques permettent de payer les frais de cantine : renseignez-vous auprès de la mairie ou de l’assistante sociale scolaire.

Au collège et au lycée, le fonds social de l’établissement peut prendre en charge tout ou partie des frais de restauration des familles en difficulté. L’aide est attribuée par le chef d’établissement, sur dossier. Adressez-vous à l’assistante sociale ou au secrétariat. Les départements (pour les collèges) et les régions (pour les lycées) proposent aussi, selon les territoires, des tarifs au quotient familial ou des aides directes.

Pour alléger les autres dépenses de rentrée, pensez à vérifier vos droits à l’allocation de rentrée scolaire et aux bourses scolaires dans notre rubrique famille et école, et retrouvez le calendrier des versements de la Caf dans notre rubrique allocations.

Prochaine étape : le sort du dispositif après le 31 décembre 2027. Le Gouvernement n’a pas annoncé de prolongation au-delà de cette date, ni de réouverture aux nouvelles communes. La loi de finances pour 2027, débattue à l’automne 2026, donnera une première indication. Nous mettrons cet article à jour dès qu’une décision sera connue.