Financer son permis de conduire coûte plus cher en 2026 pour deux publics : les apprentis et les demandeurs d’emploi. L’aide forfaitaire de 500 euros versée aux apprentis pour le permis B a été supprimée par la loi de finances 2026, avec effet en février 2026. L’aide directe de France Travail, qui pouvait atteindre 1 200 euros payés à l’auto-école, a disparu à son tour le 1er avril 2026. Restent le permis à 1 euro par jour (un prêt à taux zéro pour les 15 à 25 ans), le compte personnel de formation, désormais plafonné à 900 euros, et les aides des régions, des missions locales et des communes.
Deux aides nationales ont disparu en 2026
Depuis 2019, tout apprenti majeur pouvait demander 500 euros pour financer son permis B, quel que soit le coût réel de la formation. Cette aide, versée par le centre de formation d’apprentis, a été supprimée par la loi de finances pour 2026. Selon la presse spécialisée, la suppression a pris effet le 21 février 2026. Elle concernait chaque année plusieurs dizaines de milliers d’apprentis.
La deuxième suppression touche les demandeurs d’emploi. France Travail finançait jusqu’à 1 200 euros de permis B, versés directement à l’auto-école, pour les personnes inscrites depuis au moins six mois avec de faibles ressources, ou bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Une question écrite d’une sénatrice de la Dordogne, publiée le 29 janvier 2026, confirme la fin de ce dispositif au 1er avril 2026. France Travail renvoie désormais vers le CPF.
Le permis à 1 euro par jour : un prêt sans intérêt pour les 15 à 25 ans
Le permis à 1 euro par jour n’est pas une subvention mais un prêt à taux zéro. Il s’adresse à tous les jeunes âgés de 15 à 25 ans révolus à la date de signature du contrat, sans condition de ressources. Selon la page d’etudiant.gouv.fr mise à jour le 20 mai 2026, la banque partenaire prête la somme, l’État prend en charge les intérêts, et vous remboursez sur la base de 30 euros par mois, pendant 20 à 40 mois selon le montant emprunté.
Le prêt s’élève à 600, 800, 1 000 ou 1 200 euros, à choisir selon le devis de l’auto-école. Un prêt complémentaire, annoncé à 300 euros, est prévu en cas d’échec à l’épreuve pratique, pour financer les heures de conduite supplémentaires. Une condition s’impose : l’auto-école doit être partenaire du dispositif et détenir le label d’État « qualité des formations au sein des écoles de conduite ». La liste des établissements labellisés est consultable sur le site de la Sécurité routière.
Le CPF : encore possible, mais plafonné à 900 euros
Le compte personnel de formation (CPF) permettait de régler directement l’auto-école avec les droits acquis au fil des années de travail. Depuis février 2026, le cadre s’est resserré. D’après les informations publiées par la presse spécialisée, la prise en charge du permis B est plafonnée à 900 euros et réservée à deux publics : les demandeurs d’emploi, et les salariés dont la formation est cofinancée par un tiers, par exemple leur employeur, à hauteur d’au moins 100 euros.
Avant d’engager vos droits, vérifiez votre solde sur moncompteformation.gouv.fr, puis comparez le reste à charge avec les autres solutions. Si vous êtes apprenti, votre employeur ou votre opérateur de compétences (OPCO) peut, dans certains cas, compléter le financement.
Régions, missions locales, communes : le relais local
Face au retrait de l’État, les collectivités restent en première ligne, avec des montants et des conditions qui varient d’un territoire à l’autre.
En Nouvelle-Aquitaine, la région verse une aide de 400, 800 ou 1 200 euros selon le revenu fiscal par part, aux jeunes de 17 à 25 ans titulaires au plus du baccalauréat : apprentis diplômés, demandeurs d’emploi suivis par France Travail ou une mission locale, jeunes en insertion, élèves d’établissement régional d’enseignement adapté ou volontaires en service civique. Les apprentis diplômés perçoivent des montants réduits. La campagne 2026-2027, destinée aux jeunes diplômés en 2026, est ouverte depuis le 7 septembre 2026. Une avance de 400 euros est versée à l’acceptation du dossier, le solde après l’obtention du code et sur facture de l’auto-école.
En Île-de-France et dans les Hauts-de-France, les conseils régionaux proposent également une aide au permis pour les jeunes en insertion ou en formation, avec des montants qui peuvent dépasser 1 000 euros selon la situation. Les conditions exactes (âge, statut, plafond de ressources, formation suivie) sont détaillées sur le site de chaque région.
Les missions locales, qui accompagnent les 16 à 25 ans sans emploi ni formation, disposent aussi de fonds pour le permis, souvent entre 500 et 1 200 euros, dans le cadre d’un parcours d’insertion. Enfin, de nombreuses communes et intercommunalités ont créé une « bourse au permis » : la collectivité paie une partie de la formation en échange de quelques dizaines d’heures de bénévolat dans une association ou un service municipal.
Tableau récapitulatif des aides au permis en 2026
| Dispositif | Situation en septembre 2026 | Montant | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Aide apprentis 500 euros | Supprimée (loi de finances 2026, effet février 2026) | 500 euros (ancien montant) | Apprentis majeurs |
| Aide France Travail | Supprimée depuis le 1er avril 2026 | Jusqu’à 1 200 euros (ancien montant) | Demandeurs d’emploi, allocataires du RSA |
| Permis à 1 euro par jour | En vigueur | Prêt de 600 à 1 200 euros, 30 euros par mois | Jeunes de 15 à 25 ans révolus |
| CPF | En vigueur, restreint depuis février 2026 | Plafond de 900 euros | Demandeurs d’emploi, salariés cofinancés |
| Aide régionale Nouvelle-Aquitaine | Campagne ouverte depuis le 7 septembre 2026 | 400 à 1 200 euros selon revenus | 17 à 25 ans, niveau bac ou inférieur, en insertion |
| Missions locales | En vigueur | Variable, souvent 500 à 1 200 euros | 16 à 25 ans en parcours d’insertion |
| Bourse au permis communale | Selon les communes | Variable | Jeunes de la commune, contre des heures de bénévolat |
Le permis dès 17 ans, et après ?
Depuis janvier 2024, il est possible de passer l’épreuve pratique du permis B dès 17 ans et de conduire seul dès l’obtention du permis, sans attendre la majorité. Cette mesure ne réduit pas le coût de la formation, mais elle permet d’étaler la dépense et de commencer tôt, avec l’apprentissage anticipé de la conduite dès 15 ans, que le permis à 1 euro par jour peut financer.
Pour un jeune de la rentrée 2026, la combinaison la plus courante devient donc une aide régionale ou communale pour une partie du coût, et le permis à 1 euro par jour pour le reste, sans intérêts.
Prochaine étape : le gouvernement a été interrogé au Sénat sur le maintien d’un soutien aux demandeurs d’emploi pour le permis. La réponse ministérielle était encore attendue à la date de publication de cet article. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté à l’automne 2026, dira si une nouvelle aide nationale vient remplacer les dispositifs supprimés. Nous suivrons ces annonces dans nos rubriques emploi et famille et école.