Financer ses longues études de santé tout en préparant son installation : c’est le principe du contrat d’engagement de service public (CESP). Les étudiants en médecine, en odontologie, en maïeutique et en pharmacie qui le signent perçoivent 1 200 euros bruts par mois pendant toute la durée de leurs études. En échange, ils s’engagent à exercer, une fois diplômés, dans une zone où l’accès aux soins est difficile. Les modalités du dispositif ont été actualisées le 21 octobre 2026, et les candidatures pour l’année universitaire 2026-2027 ouvrent le 2 novembre 2026. Voici qui peut postuler, comment, et ce qu’implique l’engagement.
Qui peut signer un contrat d’engagement de service public ?
Le CESP s’adresse aux étudiants en santé ayant validé au minimum la première année du premier cycle, et qui poursuivent des études :
- de médecine ;
- d’odontologie ;
- de maïeutique, c’est-à-dire de sage-femme ;
- de pharmacie, à l’exception du parcours de pharmacie industrielle.
Il peut aussi être conclu par des professionnels de santé diplômés hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen, autorisés à suivre en France un parcours de consolidation des compétences en médecine ou en odontologie.
L’objectif est de mieux répartir les professionnels de santé sur le territoire et de garantir à chacun un accès aux soins.
Ce que vous percevez, et ce à quoi vous vous engagez
L’allocation de 1 200 euros bruts par mois est versée pendant toute la durée des études ou du parcours de consolidation des compétences. En contrepartie, le signataire s’engage à :
- poursuivre ses études dans la formation choisie ;
- respecter les obligations d’assiduité ;
- exercer, une fois diplômé, dans une ou plusieurs zones caractérisées par une offre médicale insuffisante ou des difficultés d’accès aux soins.
La durée d’exercice dans ces zones est égale à la durée pendant laquelle l’allocation a été versée, avec un minimum de 2 ans. Chaque directeur général d’agence régionale de santé (ARS) fixe tous les 2 ans la liste des zones concernées sur son territoire.
Comment candidater pour 2026-2027 ?
Une commission de sélection est mise en place dans chaque unité de formation et de recherche (UFR) de médecine, d’odontologie, de pharmacie et de maïeutique. Elle classe les candidatures en tenant compte des résultats universitaires et de la qualité du projet professionnel, présenté lors d’un entretien. Certains candidats peuvent être retenus dès une phase de pré-évaluation, sans entretien. Pour toute question, un référent CESP est désigné dans chaque région.
Où exercerez-vous ?
Au cours de l’année qui précède la fin de leurs études, les signataires indiquent à leur ARS leur choix de futur lieu d’exercice. Ils peuvent se porter candidats à cinq lieux, classés par ordre de préférence. L’agence se prononce en tenant compte notamment de la spécialité exercée et des caractéristiques démographiques, sanitaires et sociales du territoire.
Le CESP est un engagement fort. En cas de non-respect du contrat, celui-ci est résilié et les sommes perçues au titre de l’allocation doivent être remboursées. Avant de signer, renseignez-vous sur les zones sous-dotées de votre région et sur leur évolution possible, la liste étant révisée tous les 2 ans.
Faut-il signer ? Les points à peser
L’allocation représente un soutien important pendant des études longues, et elle permet de se concentrer sur sa formation sans petit boulot. Mais l’engagement oriente durablement le début de carrière : lieu d’exercice dans une zone sous-dotée, durée équivalente à celle de l’allocation, remboursement en cas de rupture. Avant de candidater, il est utile d’en parler avec le référent CESP de sa région, avec des étudiants ou des médecins déjà signataires, et de vérifier que son projet professionnel, notamment la spécialité visée, est compatible avec un exercice dans les territoires concernés.
Ces nouvelles règles s’appliquent aux contrats dont la candidature a été déposée depuis le 16 janvier 2026. Les contrats plus anciens restent régis par les arrêtés du 26 mai 2020.
Pour financer leurs études, les étudiants peuvent aussi cumuler, selon leur situation, d’autres aides comme la bourse sur critères sociaux du Crous et les aides au logement étudiant. Les lycéens qui visent ces filières peuvent consulter notre article sur la réforme de l’accès aux études de santé en 2027.
Prochaine échéance : l’ouverture des candidatures pour l’année universitaire 2026-2027, le 2 novembre 2026, sur la plateforme nationale du dispositif.