Le taux de chômage a atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui a publié ses chiffres le 7 août 2026. C’est son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020, en pleine crise sanitaire. La France compte désormais 2,7 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus touchés, avec un taux de 21,6 %. Pour les demandeurs d’emploi, cette rentrée s’annonce donc plus tendue, mais France Travail rouvre ses agences à pleine capacité dès septembre 2026 et recense 2,3 millions de projets de recrutement pour l’année.

Un chômage au plus haut depuis l’automne 2020

Sur le trimestre, le taux de chômage progresse de 0,2 point. Sur un an, la hausse atteint 0,7 point. En nombre de personnes, l’Insee compte 62 000 chômeurs de plus qu’au premier trimestre 2026 et 261 000 de plus qu’au deuxième trimestre 2025.

Ce niveau reste toutefois éloigné du record de la décennie précédente : il se situe 2,2 points sous le pic de la mi-2015. Le chômage de longue durée, lui, augmente très légèrement, de 0,1 point sur le trimestre et de 0,4 point sur un an, pour atteindre 2,1 % de la population active.

Le marché du travail se dégrade aussi du côté de l’emploi. Le taux d’emploi des 15-64 ans recule de 0,3 point sur le trimestre, à 69,0 %. Le taux d’activité, qui additionne les personnes en emploi et les chômeurs, se replie de 0,1 point, à 75,4 %. Enfin, 1,9 million de personnes souhaitent travailler sans être comptées comme chômeuses, faute de disponibilité immédiate ou de recherche active. Ce « halo » autour du chômage représente 4,4 % des 15-64 ans, une part stable sur le trimestre.

Les jeunes en première ligne

La hausse touche toutes les classes d’âge, mais elle frappe d’abord les plus jeunes. Chez les 15-24 ans, le taux de chômage gagne 0,4 point en trois mois et 2,5 points en un an. Plus d’un jeune actif sur cinq est aujourd’hui sans emploi. Pour les 25-49 ans et pour les 50 ans et plus, la progression est plus modérée.

Tranche d’âge Taux de chômage (T2 2026) Évolution sur le trimestre Évolution sur un an
15 à 24 ans 21,6 % +0,4 point +2,5 points
25 à 49 ans 7,5 % +0,2 point +0,5 point
50 ans et plus 5,5 % +0,3 point +0,7 point
Ensemble 8,3 % +0,2 point +0,7 point

Une précision pour lire ce tableau : le taux des 15-24 ans rapporte les jeunes chômeurs aux seuls jeunes actifs. Les étudiants et lycéens qui ne cherchent pas de travail n’entrent pas dans le calcul.

Ce que prévoit l’Unédic pour 2026

L’Unédic, l’organisme paritaire qui gère l’Assurance chômage, a publié ses prévisions financières le 3 mars 2026. Elle table sur une croissance modérée, de l’ordre de 1 % en 2026, et sur des créations nettes d’emploi nulles cette année, avant une reprise progressive : 78 000 emplois créés en 2027, puis 142 000 en 2028.

Conséquence directe pour les demandeurs d’emploi : le nombre d’allocataires indemnisés resterait élevé, autour de 2,6 millions de personnes en 2026 et en 2027, avant de redescendre vers 2,5 millions en 2028. Le régime lui-même serait déficitaire de 2,1 milliards d’euros en 2026. L’Unédic met en cause les prélèvements de l’État sur ses recettes, évalués à 4,1 milliards d’euros, et le remboursement de la dette contractée pendant la crise sanitaire. Cette dette atteindrait 61,5 milliards d’euros fin 2026. Un retour à l’excédent est attendu en 2027 (2,8 milliards d’euros), puis en 2028 (4,8 milliards d’euros).

Ce que France Travail propose à la rentrée 2026

Malgré ce contexte, les entreprises continuent de recruter. L’enquête Besoins en main-d œuvre (BMO) 2026 de France Travail recense 2,3 millions de projets de recrutement pour l’année. Les quelque 900 agences de l’opérateur public fonctionnent à pleine capacité dès la première semaine de septembre 2026, avec les partenaires du Réseau pour l’emploi : missions locales pour les jeunes, Cap emploi pour les personnes en situation de handicap, Apec pour les cadres.

La rentrée s’accompagne de forums de recrutement, de journées portes ouvertes en entreprise, d’événements « Stades vers l’emploi » et d’ateliers gratuits sur le CV, l’entretien et le réseau.

Deux services numériques fondés sur l’intelligence artificielle sont mis en avant sur francetravail.fr :

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S’y ajoute le profil de compétences, qui valorise ce que vous savez faire au-delà du seul CV. Ces outils complètent le rendez-vous avec votre conseiller, ils ne le remplacent pas.

Vos droits : inscription, actualisation, allocation

Si votre contrat se termine cet été ou cet automne, trois démarches conditionnent vos droits.

L inscription. Elle se fait en ligne, sur francetravail.fr, à partir du lendemain de la fin de votre contrat. Vous créez votre espace personnel, vous renseignez votre situation et vous transmettez vos justificatifs, en premier lieu l’attestation employeur. Un premier rendez-vous en agence est ensuite fixé pour établir votre projet.

L actualisation. Chaque mois, vous devez déclarer votre situation : êtes-vous toujours en recherche d’emploi, avez-vous travaillé, suivi une formation, été en arrêt maladie ? Elle se fait dans votre espace personnel ou sur l’application mobile, pendant la période ouverte en fin de mois. C’est elle qui déclenche le paiement.

L allocation. L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) n’est pas automatique. Il faut avoir perdu son emploi de façon involontaire (fin de CDD, licenciement, rupture conventionnelle) et justifier d’une durée minimale de travail avant la fin du contrat, six mois en règle générale. Le montant dépend de vos anciens salaires. Votre notification de droits, disponible dans votre espace personnel, précise le montant journalier et la durée d’indemnisation.

Si vous n’avez pas ou plus droit à l’ARE, d’autres aides peuvent prendre le relais selon votre situation : le revenu de solidarité active (RSA) à partir de 25 ans, la prime d’activité si vous reprenez un emploi à faibles revenus, ou l’allocation de solidarité spécifique (ASS) en fin de droits. Nous détaillons ces dispositifs dans notre rubrique allocations.

Et maintenant ?

Les prochains chiffres du chômage au sens du BIT, ceux du troisième trimestre 2026, seront publiés par l’Insee à la mi-novembre 2026. D’ici là, l’Unédic doit actualiser ses prévisions financières à l’automne, après des chiffres de l’Insee moins bons qu’attendu. Nous mettrons cet article à jour à chaque nouvelle publication. Toutes les échéances utiles figurent dans notre calendrier.