La Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point le jeudi 10 septembre 2026. Le taux de dépôt, qui sert de référence, passe à 2,50 % à compter du mercredi 16 septembre 2026. C’est la deuxième hausse de l’année après celle de juin 2026. Pour les ménages qui préparent un achat immobilier, la conséquence est simple : les taux des crédits, qui remontaient déjà depuis l’été, devraient continuer à grimper cet automne. Début septembre 2026, un prêt sur 20 ans se négociait en moyenne autour de 3,40 % hors assurance. Les courtiers évoquent désormais 3,7 à 4 % d’ici la fin de l’année.

Ce que la BCE a décidé le 10 septembre 2026

Selon les informations concordantes publiées par la presse économique, la BCE a porté le taux de la facilité de dépôt à 2,50 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,65 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,90 %. Ces nouveaux niveaux s’appliquent à partir du 16 septembre 2026.

La banque centrale justifie ce tour de vis par le retour de l’inflation. En août 2026, la hausse des prix a atteint 3,3 % sur un an en zone euro, un niveau inédit depuis septembre 2023. L’inflation dite sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, s’établissait à 2,4 %. La flambée du pétrole, liée aux tensions au Moyen-Orient, alimente cette poussée. L’objectif de la BCE reste une inflation à 2 % à moyen terme.

Ces taux directeurs ne s’appliquent pas directement aux particuliers. Ils fixent le prix auquel les banques se financent. Quand ce prix monte, elles répercutent la hausse sur les nouveaux crédits, avec un délai de quelques semaines. Un prêt à taux fixe déjà signé ne change pas.

Les taux de crédit immobilier en septembre 2026

Avant même la décision de la BCE, les banques avaient commencé à relever leurs grilles. D’après le baromètre publié le 2 septembre 2026 par le courtier Meilleurtaux, à partir des dossiers traités en août, les taux moyens hors assurance emprunteur démarrent à 3,28 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans. Selon la banque, les taux affichés montent jusqu’à 3,43 % sur 15 ans, 3,54 % sur 20 ans et 3,61 % sur 25 ans.

Durée du prêt Taux moyen début septembre 2026 (hors assurance) Fourchette haute observée Anticipation des courtiers fin 2026
15 ans 3,28 % 3,43 % environ 3,6 à 3,8 %
20 ans 3,40 % 3,54 % 3,7 à 4 %
25 ans 3,60 % 3,61 % environ 3,9 à 4,1 %

Ces moyennes cachent de vrais écarts. Un dossier solide (revenus stables, apport conséquent, épargne résiduelle) mis en concurrence entre plusieurs banques peut encore obtenir autour de 3,20 % sur 25 ans, hors prêt à taux zéro et hors offres réservées aux primo-accédants.

Pour la suite, les courtiers s’accordent sur une hausse de 0,30 à 0,50 point d ici fin 2026, ce qui porterait la moyenne sur 20 ans entre 3,7 et 4 %. Les banques ajusteraient aussi leurs grilles tous les quinze jours au lieu de chaque mois. Pour 15 et 25 ans, le tableau applique la même fourchette aux taux actuels : ce sont des estimations.

Ce que cela change pour un emprunt de 250 000 euros

Un quart de point de taux paraît peu. Sur un crédit immobilier, la différence se compte pourtant en milliers d’euros. Prenons un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans, hors assurance emprunteur et hors frais.

Sur 25 ans, l’effet est du même ordre. Pour les mêmes 250 000 euros, la mensualité passe d’environ 1 265 euros à 3,60 % à environ 1 299 euros à 3,85 %, soit 34 euros de plus par mois et près de 10 200 euros d’intérêts supplémentaires.

Ces calculs ont aussi une conséquence sur votre capacité d’emprunt. Les banques limitent le taux d’effort à 35 % des revenus, assurance comprise. Quand le taux monte, la mensualité maximale ne bouge pas, mais le capital que vous pouvez emprunter diminue. Avec un taux plus élevé de 0,5 point, un ménage perd environ 4 à 5 % de capacité d’emprunt à mensualité égale.

Le taux d’usure, un plafond qui suit le mouvement

Le taux d’usure est le taux annuel effectif global (TAEG) maximal qu’une banque a le droit de pratiquer. Il est fixé chaque trimestre par la Banque de France, à partir des taux moyens observés le trimestre précédent, majorés d’un tiers. Il inclut le taux nominal, l’assurance et les frais.

Les taux d’usure du quatrième trimestre 2026 seront publiés par la Banque de France à la fin du mois de septembre 2026 et s’appliqueront à compter du 1er octobre 2026. Nous n’avons pas pu consulter les niveaux définitifs à la date de publication de cet article. Comme ils reflètent les taux de cet été, ils devraient augmenter à leur tour, ce qui évite le blocage des dossiers observé en 2022 et 2023.

Quatre leviers pour limiter la facture

Face à des taux qui remontent, plusieurs marges de manœuvre restent à votre main. Aucune ne dépend de la BCE.

L’apport personnel reste le deuxième levier. Les banques réservent leurs meilleurs taux aux dossiers qui financent au moins 10 % du projet, frais de notaire compris, et qui conservent une épargne de précaution après l’achat. Chaque euro d’apport réduit aussi le capital emprunté, donc les intérêts.

Le prêt à taux zéro (PTZ) est le troisième outil. Réservé aux primo-accédants sous conditions de ressources, il finance une partie du projet sans intérêt et s’ajoute au prêt principal. Il permet de faire baisser le taux moyen de l’ensemble du financement. Vérifiez votre éligibilité avant de déposer un dossier ; nous détaillons les conditions dans notre rubrique énergie et logement.

Enfin, mettez les banques en concurrence, directement ou via un courtier. Les réseaux mutualistes conservent des offres promotionnelles, et l’écart entre deux propositions dépasse souvent 0,3 point pour le même dossier.

Pour les emprunteurs déjà engagés, la renégociation ou le rachat de crédit n’a de sens que si l’écart entre votre taux et les taux actuels atteint au moins 0,7 à 1 point, et si vous êtes dans le premier tiers du remboursement. Ceux qui ont signé en 2025 à des taux proches de 3 % n’ont donc aucun intérêt à bouger. Ceux qui ont emprunté fin 2023 au-dessus de 4 % peuvent encore y gagner, mais la fenêtre se referme.

Le calendrier à surveiller cet automne

Trois échéances vont rythmer les prochaines semaines. Le 16 septembre 2026, les nouveaux taux de la BCE entrent en vigueur. Fin septembre 2026, la Banque de France publie les taux d’usure du quatrième trimestre, applicables le 1er octobre 2026. Puis, courant octobre 2026, la BCE tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire ; les marchés y guetteront un éventuel troisième relèvement, ou une pause si l’inflation ralentit.

Si votre projet est prêt, une offre de prêt acceptée fige votre taux. Sinon, profitez de ces semaines pour consolider votre apport et comparer les assurances. Nous suivrons les baromètres des courtiers d’octobre et la décision de la Banque de France sur le taux d’usure dans notre rubrique argent.