Le gaz coûtera plus cher en octobre 2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié le 10 septembre 2026 son prix repère de vente de gaz pour le mois prochain : 182,88 euros par mégawattheure (MWh) TTC en moyenne, contre 172,05 euros en septembre. Cela représente une hausse de 6,3 % TTC au 1er octobre 2026, après déjà +5,6 % en septembre. Concrètement, la CRE chiffre l’effet à environ 5,28 euros TTC de plus sur la facture d’octobre pour un client dont le contrat est indexé sur ce prix repère. Les ménages en offre à prix fixe, soit environ 40 % des abonnés au gaz, ne sont pas touchés.
Ce qui change au 1er octobre 2026
Le prix repère de vente de gaz, ou PRVG, est calculé chaque mois par la CRE. Il additionne le coût d’achat du gaz sur les marchés, les frais de transport, de stockage et de distribution, les coûts commerciaux des fournisseurs et les taxes. Pour octobre 2026, le résultat est un prix moyen de 182,88 euros par MWh TTC, tous consommateurs confondus.
Le mois précédent, ce prix moyen s’élevait à 172,05 euros par MWh TTC, soit 122,16 euros hors taxes selon le médiateur national de l’énergie. La hausse d’octobre atteint donc 10,83 euros par MWh, ou 6,3 % TTC. Elle succède à une hausse de 5,6 % TTC intervenue au 1er septembre 2026 par rapport au mois d’août. En deux mois, le prix repère a ainsi progressé d’un peu plus de 12 %.
| Mois | Prix repère moyen TTC | Variation sur un mois |
|---|---|---|
| Septembre 2026 | 172,05 euros par MWh | +5,6 % |
| Octobre 2026 | 182,88 euros par MWh | +6,3 % |
Le prix repère se décline ensuite selon l’usage du gaz (cuisson, eau chaude, chauffage) et selon la zone de distribution. Le prix du kilowattheure et le montant de l’abonnement varient donc d’un foyer à l’autre. Le détail par usage figure dans la délibération de la CRE, sur cre.fr.
Combien cela représente sur votre facture ?
La CRE a fait le calcul pour un client type en offre indexée sur le prix repère. La hausse d’octobre se traduit par environ 5,28 euros TTC de plus sur la facture du mois. Le chiffre paraît modeste, mais il s’ajoute aux augmentations précédentes et il tombe au moment où le chauffage redémarre dans beaucoup de logements.
Sur l’ensemble de l’année, le régulateur donne un ordre de grandeur plus parlant. Si les prix de marché se maintiennent au niveau actuel, la facture annuelle 2026 d’un ménage en offre indexée serait environ 10 % plus élevée que celle de 2025. Cela correspond à environ 120 euros TTC supplémentaires sur l’année.
Ces montants sont des moyennes. Un foyer qui se chauffe au gaz, avec une consommation de plusieurs milliers de kilowattheures par an, subira une hausse en euros bien plus forte qu’un ménage qui utilise le gaz uniquement pour la cuisson. À l’inverse, un petit consommateur verra sa facture bouger de quelques centimes par mois.
Qui est concerné, qui ne l’est pas ?
Au 31 mars 2026, 10,31 millions de ménages disposaient d’un contrat de gaz naturel, selon la CRE. Tous ne sont pas logés à la même enseigne face à cette hausse.
Sont concernés directement les clients dont le contrat est indexé sur le prix repère. Beaucoup de fournisseurs proposent ce type d’offre depuis la fin des tarifs réglementés. Le prix de leur kilowattheure suit le prix repère chaque mois, à la hausse comme à la baisse, avec parfois une remise ou une majoration fixée au contrat. Sont aussi touchés, de manière moins prévisible, les clients dont l’offre est indexée sur les prix de marché du gaz.
Ne sont pas concernés les clients en offre à prix fixe. Le prix de leur kilowattheure est bloqué pendant la durée prévue au contrat, souvent un, deux ou trois ans. Fin 2025, environ 40 % des consommateurs résidentiels de gaz étaient dans ce cas. Pour eux, la hausse d’octobre n’a aucun effet immédiat. Elle pourra en revanche jouer au renouvellement du contrat, si le fournisseur propose alors un nouveau prix fixe plus élevé.
Pourquoi cette hausse ?
L’explication tient au calendrier du calcul. Le prix repère d’un mois est construit à partir des cotations du gaz observées le mois précédent sur les marchés de gros. Pour octobre 2026, la CRE indique que la hausse résulte de l’augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois d’août, comparativement à juillet. Le mois de septembre reflétait, lui, les prix de juillet, déjà en hausse par rapport à juin.
Les autres composantes du prix, comme les coûts d’acheminement ou les taxes, n’ont pas changé au 1er octobre 2026. C’est bien la part « approvisionnement », celle qui suit les marchés, qui tire le prix vers le haut.
Que faire pour limiter la hausse ?
Plusieurs leviers existent, et ils se cumulent.
Le premier est de vérifier votre contrat. Si votre offre est indexée, un passage en prix fixe peut vous protéger des mois à venir, à condition que le prix proposé soit compétitif. Attention aux durées d’engagement et aux conditions de sortie : pour un particulier, la résiliation reste libre à tout moment, mais certaines offres à prix fixe perdent leur intérêt si le marché baisse ensuite.
Le deuxième levier est le chèque énergie. Cette aide, attribuée sous conditions de revenus, va de 48 à 277 euros selon le revenu fiscal de référence et la composition du foyer. Elle peut servir à payer directement une facture de gaz, en ligne ou par courrier, ou être pré-affectée à votre fournisseur pour les années suivantes. Si vous ne l’avez pas reçu automatiquement alors que vous pensez y avoir droit, une demande en ligne est possible sur chequeenergie.gouv.fr. Nous détaillons le calendrier et les montants dans notre rubrique énergie et logement.
Le troisième levier est la consommation. Baisser le chauffage d’un degré, purger les radiateurs avant l’hiver, entretenir la chaudière (un contrôle annuel est d’ailleurs obligatoire pour les chaudières gaz) et suivre sa consommation dans l’espace client du fournisseur ou sur le compteur communicant Gazpar permettent de réduire la facture de plusieurs dizaines d’euros par an.
Rappel : le prix repère n’est pas un tarif réglementé
Les tarifs réglementés de vente de gaz, fixés par les pouvoirs publics, ont disparu le 30 juin 2023. Depuis cette date, il n’existe plus de « tarif du gaz » officiel que les fournisseurs seraient tenus de respecter. La CRE publie à la place, chaque mois, ce prix repère de vente. Il comporte un abonnement annuel et un prix du kilowattheure, comme l’ancien tarif, mais il n’a qu’une valeur indicative.
Le médiateur national de l’énergie le rappelle : les fournisseurs n’ont pas l’obligation d’appliquer ce prix repère et restent libres de construire leurs offres. Le prix repère sert donc surtout de boussole. Une offre facturée au-dessus du prix repère mérite un examen attentif ; une offre en dessous, ou indexée sur lui avec une remise, est en général un bon point de comparaison. Les contrats indexés sur le prix repère présentent aussi moins de risques que les offres reliées à d’autres formules d’indexation sur les prix de marché, dont les variations peuvent être plus brutales.
Prochaine étape : la CRE publiera vers la mi-octobre 2026 le prix repère applicable au 1er novembre 2026, calculé à partir des cotations de septembre. Nous mettrons cet article à jour dès sa parution, et vous retrouverez l’ensemble des échéances de l’automne dans notre calendrier et notre rubrique énergie et logement.