Le tarif réglementé de vente de l’électricité (TRV), le tarif Bleu d’EDF, a augmenté de 2,5 % TTC en moyenne le 1er août 2026. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a rendu publique cette évolution le 16 juillet 2026. Pour un foyer qui consomme 4,5 MWh par an, la facture annuelle passe d’environ 1 046 à 1 072 euros TTC, soit 26 euros de plus. Cette hausse concerne les 19,37 millions de foyers restés au tarif réglementé, et elle apparaît sur les factures que vous recevez en septembre 2026. Une nouvelle évolution est déjà programmée pour le 1er février 2027.

Combien la hausse du 1er août 2026 vous coûte-t-elle ?

La CRE chiffre le mouvement à +5,98 euros TTC par mégawattheure (MWh) par rapport au tarif en vigueur depuis le 1er février 2026. Pour la consommation moyenne retenue par le régulateur, 4,5 MWh par an, cela représente environ 26 euros TTC de plus sur l’année, soit un peu plus de 2 euros par mois.

L’effet dépend de votre consommation. Un petit logement chauffé au gaz, qui consomme 2 MWh d’électricité par an, verra sa facture augmenter d’une douzaine d’euros. Une maison chauffée à l’électricité, qui consomme 10 MWh, paiera environ 60 euros de plus sur l’année. La hausse de 2,5 % est une moyenne : elle varie légèrement selon la puissance souscrite et l’option choisie (base ou heures pleines, heures creuses).

Si vous êtes mensualisé, votre fournisseur ajustera votre échéancier lors de la prochaine régularisation. Si vous payez sur relevé réel, la facture reçue en septembre 2026 compte les consommations d’août au nouveau prix.

Pourquoi le tarif augmente-t-il ?

Le tarif réglementé est construit par empilement : le coût de l’électricité, l’acheminement sur les réseaux, les coûts commerciaux et les taxes. Trois briques bougent au 1er août 2026.

La première est le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE), qui rémunère Enedis et RTE pour le transport et la distribution du courant. La CRE a décidé de le relever par une délibération du 21 mai 2026. Ce coût est répercuté dans le tarif réglementé.

La deuxième est le nouveau mécanisme de capacité. Ce dispositif rémunère les centrales et les capacités d’effacement qui garantissent l’alimentation du pays lors des pointes de consommation hivernales. Une première enchère s’est tenue le 6 juillet 2026, et la CRE a choisi d’intégrer le coût de ce nouveau mécanisme dans le tarif dès le 1er août 2026, sur un an.

La troisième brique joue en sens inverse, mais faiblement. L’accise sur l’électricité, l’ancienne taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité, baisse de 30,85 à 30,62 euros par MWh pour les clients dont la puissance souscrite ne dépasse pas 36 kVA, en application de la loi de finances pour 2026. Cette baisse de 0,23 euro par MWh est loin de compenser les deux hausses précédentes.

Élément du tarif Évolution au 1er août 2026 Effet sur la facture
Tarif d’acheminement (TURPE) Hausse, délibération CRE du 21 mai 2026 À la hausse
Mécanisme de capacité Intégration du nouveau dispositif (enchère du 6 juillet 2026) À la hausse
Accise sur l’électricité (puissance inférieure ou égale à 36 kVA) De 30,85 à 30,62 euros par MWh Légèrement à la baisse
Niveau moyen du TRV TTC +2,5 %, soit +5,98 euros par MWh +26 euros par an pour 4,5 MWh

Qui est concerné par cette hausse ?

Au 31 mars 2026, 19,37 millions de clients résidentiels étaient au tarif réglementé de vente en France métropolitaine continentale, selon la CRE. C’est un peu moins qu’au 30 septembre 2025 (19,75 millions). Le tarif réglementé reste réservé aux particuliers et aux très petites entreprises dont la puissance souscrite est inférieure ou égale à 36 kVA.

Vous êtes aussi concerné, sans être au tarif réglementé, si votre contrat est une offre de marché indexée sur le TRV. Ces offres suivent mécaniquement ses hausses et ses baisses. En revanche, si vous avez souscrit une offre à prix fixe, votre prix du kilowattheure ne bouge pas pendant la durée prévue au contrat. Seules les taxes et le TURPE peuvent y être répercutés, selon les conditions de votre offre.

Le mouvement du 1er août 2026 fait suite à une période de stabilité. Au 1er février 2026, la CRE avait maintenu le tarif réglementé stable en moyenne TTC pour les puissances inférieures à 36 kVA : le niveau moyen avait même reculé de 0,83 %, soit une baisse d’environ 9 euros par an pour la facture type, qui était passée de 1 051 à 1 042 euros. La hausse de l’accise (de 29,98 à 30,85 euros par MWh) avait été compensée par la baisse de la contribution tarifaire d’acheminement, ramenée de 21,93 % à 15 %.

Ce qui est déjà annoncé pour le 1er février 2027

Le tarif réglementé évolue en principe deux fois par an, au 1er février et au 1er août. La CRE a prévenu dès juillet 2026 que le mouvement du 1er février 2027 comporterait des rattrapages. Le régulateur explique avoir intégré le nouveau mécanisme de capacité au 1er août 2026, mais avoir choisi de couvrir « le reliquat de l’ancien mécanisme » à l’occasion du mouvement de février 2027, « en même temps que les autres rattrapages au titre du réalisé 2026 ».

En clair, une partie du coût de l’assurance contre les pointes de consommation de l’hiver 2025-2026 n’a pas encore été facturée aux clients. Elle le sera à partir de février 2027, avec les ajustements habituels entre les coûts prévus et les coûts réellement constatés sur l’année 2026. Selon le comparateur Selectra, l’État pourrait de son côté abaisser l’accise pour limiter l’effet de ce rattrapage. Aucun pourcentage n’est fixé à ce jour : la CRE rendra sa proposition en janvier 2027, et nous la détaillerons alors.

Comment limiter l’effet sur votre facture ?

Une hausse de 2,5 % ne justifie pas de changer de contrat dans la précipitation, mais c’est l’occasion de vérifier trois choses. D’abord votre puissance souscrite : un foyer en 9 kVA qui pourrait se contenter de 6 kVA paie un abonnement plus cher pour rien. Ensuite votre option tarifaire : les heures creuses ne valent le coup que si vous pouvez y déplacer une part importante de vos consommations (chauffe-eau, lave-linge, recharge d’un véhicule). Enfin le type de contrat : prix fixe, offre indexée ou tarif réglementé.

Pour comparer, utilisez le comparateur du médiateur national de l’énergie sur energie-info.fr. Il est indépendant des fournisseurs, gratuit, et part de votre consommation réelle. Le service Énergie-Info répond aussi au 0 800 112 212, du lundi au vendredi. Un client au tarif réglementé peut partir vers une offre de marché à tout moment, sans frais, et revenir ensuite au tarif réglementé.

Si vos revenus sont modestes, le chèque énergie peut prendre en charge une partie de la facture. Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 11 000 euros par unité de consommation, et son montant va de 48 à 277 euros selon les revenus et la taille du foyer. Il s’utilise auprès de votre fournisseur d’électricité ou de gaz, ou pour l’achat de fioul et de bois. Le 08 05 20 48 05 (appel gratuit, du lundi au vendredi) répond aux questions sur l’éligibilité. Nous détaillons ce dispositif et les autres aides au paiement des factures dans notre rubrique énergie et logement.

Prochaine étape : la CRE publiera en janvier 2027 sa proposition pour le mouvement tarifaire du 1er février 2027, qui intégrera le rattrapage de l’ancien mécanisme de capacité et les régularisations de l’année 2026. Vous retrouverez cette échéance, avec les autres dates de l’énergie, dans notre calendrier des aides et démarches.