Vous prévoyez de partir à la retraite dans les prochains mois tout en continuant à travailler un peu ? La date de votre départ peut tout changer. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 réforme le cumul emploi-retraite pour les retraites qui prennent effet à partir du 1er janvier 2027. La distinction entre cumul intégral et cumul plafonné disparaît : seul l’âge comptera. Entre l’âge légal et 67 ans, le cumul sera libre jusqu’à un plafond prévu de 7 000 euros bruts par an, puis la pension sera réduite. Le décret qui doit fixer ce montant n’est pas encore paru. À un peu plus de deux mois de l’échéance, voici ce qui change et comment vous organiser.

Ce qui s’applique jusqu’au 31 décembre 2026

Aujourd’hui, deux régimes coexistent pour un salarié qui relève de l’Assurance retraite.

Le cumul intégral. Si vous avez votre retraite de base à taux plein et que vous avez demandé toutes vos retraites de base et complémentaires, vous pouvez cumuler sans limite pensions et revenus d’activité. Depuis le 1er janvier 2023, cette activité permet même de se constituer une nouvelle pension, plafonnée à 2 403 euros bruts par an.

Le cumul plafonné. Dans les autres cas, la somme de vos revenus d’activité et de vos pensions ne doit pas dépasser 2 916,85 euros bruts par mois, ou la moyenne de vos 3 derniers salaires. Au-delà, votre retraite de base est réduite du montant du dépassement. Cette activité n’ouvre aucun nouveau droit.

Ce qui change pour les départs à partir du 1er janvier 2027

Âge au départ à la retraite Règle à partir de 2027
Avant l’âge minimum légal Les revenus d’activité et de remplacement sont déduits en totalité de la pension, dès le premier euro
Entre l’âge légal et 67 ans Cumul libre jusqu’à 7 000 euros bruts par an (montant prévu) ; au-delà, pension réduite de 50 % du dépassement, jusqu’à 67 ans
À partir de 67 ans Cumul intégral, sans plafond, avec acquisition de nouveaux droits à retraite

Les revenus pris en compte comprennent les revenus d’activité, mais aussi les revenus de remplacement, comme les indemnités journalières de maladie.

Et les nouveaux droits à la retraite ?

Aujourd’hui, seul le cumul intégral permet d’acquérir de nouveaux droits. La nouvelle pension ainsi constituée est calculée sans décote, mais elle ne peut faire l’objet d’aucune majoration, par exemple pour enfants, et elle est plafonnée à 2 403 euros bruts par an. On ne peut en bénéficier qu’une fois par caisse de retraite de base. Et si vous reprenez une activité chez votre dernier employeur, il faut attendre au moins 6 mois après votre départ pour que cette activité ouvre des droits.

À partir de 2027, l’information officielle précise que les cotisations versées par les personnes parties à la retraite à 67 ans ou plus pourront leur permettre d’acquérir de nouveaux droits. Pour les autres tranches d’âge, les modalités seront précisées par les textes d’application.

Qui est concerné, et qui ne l’est pas ?

La réforme vise les personnes dont la retraite prend effet à partir du 1er janvier 2027. Les retraités actuels qui travaillent ne sont pas concernés : les règles en vigueur lors de leur départ continuent de s’appliquer. Les fonctionnaires relèvent de règles propres de cumul, détaillées par le Service des retraites de l’État. En cas de doute sur votre situation, l’Assurance retraite répond au 3960, du lundi au vendredi de 8 heures à 17 heures : faites le point avant de fixer votre date de départ.

Comment vous organiser avant le 1er janvier

Avant de choisir votre date, vérifiez aussi votre relevé de carrière : notre guide pour vérifier et corriger votre relevé de carrière détaille la démarche. Et si vous avez commencé à travailler jeune, consultez notre article sur les âges de départ anticipé pour carrière longue.

Prochaine étape : la publication du décret d’application de l’article 102 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui doit fixer le plafond de 7 000 euros avant l’entrée en vigueur de la réforme, le 1er janvier 2027.