Après le décès d’un époux ou d’une épouse, une partie de sa retraite peut revenir au conjoint survivant : c’est la pension de réversion. Mais elle n’est jamais versée automatiquement, et beaucoup de personnes y ayant droit ne la demandent pas, ou tardivement. Bonne nouvelle : depuis mars 2026, l’Assurance retraite peut envoyer un formulaire de demande prérempli, avec l’état civil et les revenus déjà connus de l’administration. Service-public.gouv.fr l’a rappelé le 23 octobre 2026. Voici qui peut en bénéficier, combien elle rapporte et comment faire la demande.

Qui peut toucher la pension de réversion ?

Au régime général, géré par l’Assurance retraite, la réversion concerne le conjoint d’une personne qui percevait une retraite de base, ou qui aurait pu en percevoir une : salarié du privé, travailleur indépendant, contractuel de la fonction publique notamment. Trois conditions doivent être remplies :

  • avoir au moins 55 ans ;
  • avoir des ressources annuelles brutes d’au plus 25 001,60 euros si vous vivez seul, ou 40 002,56 euros si vous vivez en couple ;
  • avoir été marié avec la personne décédée.

Un ex-conjoint divorcé peut aussi en bénéficier, même s’il s’est remis en couple ensuite. En revanche, le Pacs et le concubinage ne donnent pas droit à la réversion. Pour un conjoint fonctionnaire, les règles sont différentes : par exemple, aucune condition d’âge n’est exigée.

Combien pouvez-vous percevoir ?

La réversion peut atteindre 54 % de la retraite de base dont bénéficiait, ou aurait pu bénéficier, votre conjoint ou ex-conjoint. Si la somme de vos ressources et de la réversion dépasse le plafond, 25 001,60 euros seul ou 40 002,56 euros en couple, la réversion est réduite pour que ce plafond ne soit pas dépassé.

Les ressources retenues sont celles des 3 mois civils précédant la date d’attribution. Si elles dépassent le quart du plafond, ce sont celles des 12 mois précédents qui comptent. Si la personne décédée avait été mariée plusieurs fois, la réversion est partagée entre les ex-conjoints, en proportion de la durée de chaque mariage.

S’ajoutent, le cas échéant, les réversions des régimes complémentaires, comme l’Agirc-Arrco pour les salariés du privé, qui obéissent à leurs propres règles. Pour estimer l’ensemble de vos droits, le simulateur du site Info retraite tient compte des différents régimes auxquels votre conjoint a cotisé. Gardez à portée de main ses derniers relevés de pension et votre avis d’imposition.

Comment faire la demande ?

La démarche la plus simple se fait en ligne, sur le site Info retraite. Un seul formulaire vaut pour l’ensemble des régimes de base et complémentaires de la liste proposée par le service.

Vous préférez le papier ? Appelez l’Assurance retraite au 3960 pour recevoir un formulaire prérempli. Vérifiez chaque information et corrigez-la si besoin, puis renvoyez le formulaire avec les justificatifs à votre caisse régionale. Si votre conjoint était fonctionnaire de l’État, magistrat ou militaire, un formulaire Cerfa spécifique est prévu. Et si une caisse de votre conjoint ne figure pas dans la liste du service en ligne, une demande séparée auprès d’elle est nécessaire.

Avant de demander : vérifier ses droits

Un simulateur, sur le site Info retraite, permet de vérifier si vous avez droit à la réversion et d’en estimer le montant, régime par régime. Pensez aussi aux autres aides : si vos ressources sont faibles, l’allocation de solidarité aux personnes âgées peut compléter vos revenus, comme nous l’expliquons dans notre article sur le minimum vieillesse en 2026. Les pensions complémentaires du privé viennent par ailleurs d’être revalorisées, voir notre article sur la revalorisation Agirc-Arrco du 1er novembre 2026.

Prochaine étape : si vous êtes concerné, demandez dès maintenant le formulaire prérempli au 3960 ou faites la demande en ligne, dans l’année qui suit le décès pour ne perdre aucun mois de versement.