Les plafonds légaux des taux de crédit ont été relevés au 1er octobre 2026. Selon l’avis du 25 septembre 2026, établi à partir des calculs de la Banque de France, un crédit immobilier à taux fixe de 20 ans et plus ne peut plus dépasser un taux annuel effectif global (TAEG) de 5,40 %, contre 5,29 % au trimestre précédent. Pour un prêt de 10 à moins de 20 ans, le seuil passe à 4,68 %. Ces plafonds, appelés taux d’usure, s’appliquent jusqu’au 31 décembre 2026. Ils concernent aussi les crédits à la consommation, où ils montent jusqu’à 23,60 % pour les petits montants.

Les taux d’usure du crédit immobilier depuis le 1er octobre 2026

Le taux d’usure varie selon la durée et le type de prêt. La catégorie « crédit immobilier » couvre les prêts pour acheter un logement, et les prêts travaux de plus de 75 000 euros.

Catégorie de prêt immobilier Taux d’usure au 3e trimestre 2026 Taux d’usure depuis le 1er octobre 2026 Taux moyen pratiqué au 3e trimestre 2026
Taux fixe, moins de 10 ans 4,07 % 4,09 % 3,07 %
Taux fixe, de 10 à moins de 20 ans 4,57 % 4,68 % 3,51 %
Taux fixe, 20 ans et plus 5,29 % 5,40 % 4,05 %
Taux variable 5,28 % 5,52 % 4,14 %
Prêt relais 6,39 % 6,49 % 4,87 %

Tous les plafonds progressent, de 0,02 point pour les prêts courts à 0,24 point pour les prêts à taux variable. Ce mouvement reflète la hausse des taux moyens pratiqués par les banques au troisième trimestre, une période marquée par le relèvement des taux de la Banque centrale européenne en septembre, détaillé dans notre article sur la hausse des taux de la BCE et les emprunteurs.

Comment se calcule le taux d’usure ?

Chaque trimestre, la Banque de France relève le taux effectif moyen pratiqué par les banques pour chaque catégorie de prêt. Elle le majore ensuite d’un tiers. Pour un prêt immobilier à taux fixe de 20 ans et plus, le taux moyen du troisième trimestre 2026 s’établissait à 4,05 %. Multiplié par 4/3, il donne le taux d’usure de 5,40 %.

Ce plafond ne porte pas sur le seul taux d’intérêt affiché par la banque, mais sur le TAEG, c’est-à-dire le coût total du crédit. Le TAEG additionne le taux nominal, qui sert à calculer les intérêts, les frais de dossier, les frais payés à un intermédiaire comme un courtier, et les coûts d’assurance et de garanties exigés pour obtenir le prêt. Si le TAEG dépasse le taux d’usure, la banque n’a pas le droit d’accorder le crédit.

Les plafonds des crédits à la consommation

Pour les crédits à la consommation et les prêts travaux jusqu’à 75 000 euros, le taux d’usure dépend du montant emprunté. Il reste très élevé pour les petits crédits.

Montant du crédit Taux d’usure au 3e trimestre 2026 Taux d’usure depuis le 1er octobre 2026
Jusqu’à 3 000 euros 23,53 % 23,60 %
De 3 000 à 6 000 euros 15,67 % 15,76 %
Plus de 6 000 euros 8,56 % 8,56 %

Un taux proche de ces plafonds signale un crédit très coûteux. Pour un achat de faible montant, un crédit renouvelable ou un découvert peut atteindre des niveaux de TAEG bien supérieurs à ceux d’un prêt personnel amortissable. De nouvelles règles de protection s’appliqueront d’ailleurs aux crédits à la consommation à partir du 20 novembre 2026, y compris aux mini-crédits et aux paiements fractionnés, comme nous l’expliquons dans notre article sur les nouvelles règles du crédit à la consommation.

Ce que cela change pour votre projet

Pour la plupart des emprunteurs, la hausse des plafonds ne change pas grand-chose : les taux réellement pratiqués restent nettement en dessous. Elle compte en revanche pour les dossiers « à la limite » : emprunteurs âgés, profils présentant un risque de santé, prêts avec beaucoup de frais annexes. Un plafond un peu plus élevé laisse un peu plus de marge pour intégrer une assurance coûteuse ou une garantie.

Le taux d’usure s’apprécie au moment de l’offre de prêt. Un crédit déjà signé n’est pas concerné par l’évolution des plafonds. Si votre dossier a été refusé pour dépassement du taux d’usure au troisième trimestre, il peut être utile de le présenter de nouveau.

Prochaine étape : la Banque de France publiera fin décembre 2026 les taux d’usure applicables au 1er janvier 2027, calculés sur les taux moyens du quatrième trimestre.