Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov ne finance plus l’isolation, la ventilation, les poêles et chaudières à bois, les chauffe-eau thermodynamiques ni le solaire thermique dans le cadre du parcours par geste, en métropole. Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026, accompagné d’arrêtés du même jour, recentre l’aide sur la sortie des énergies fossiles : pompes à chaleur, géothermie, raccordement à un réseau de chaleur, dépose de cuve à fioul et audit énergétique restent financés. La règle s’applique aux demandes déposées à compter du 1er septembre 2026. Les propriétaires d’un logement classé F ou G bénéficient d’un sursis jusqu’au 31 décembre 2027.

Ce qui sort du parcours par geste au 1er septembre 2026

Le parcours par geste est la formule la plus simple de MaPrimeRénov : une aide forfaitaire pour un seul type de travaux, sans obligation de rénovation globale. Le décret du 25 août 2026 en retire cinq familles pour les logements situés en métropole.

Ne sont plus financés en parcours par geste :

  • l’isolation thermique (murs, toiture, combles, planchers, fenêtres) ;
  • la ventilation, notamment la ventilation mécanique contrôlée double flux ;
  • le chauffage et la production d’eau chaude au bois ou à la biomasse (poêles à bûches ou à granulés, chaudières biomasse) ;
  • les chauffe-eau thermodynamiques ;
  • le solaire thermique, y compris les capteurs solaires hybrides, pour le chauffage comme pour l’eau chaude.

Les départements et régions d’outre-mer ne sont pas concernés par ce retrait : leurs règles propres continuent de s’appliquer. Les travaux exclus restent par ailleurs éligibles à l’éco-prêt à taux zéro, avec les mêmes critères techniques qu’auparavant.

Ce qui reste aidé et pour quel montant

Cinq gestes demeurent financés en métropole. Ils ont un point commun : ils permettent de remplacer ou de supprimer un chauffage aux énergies fossiles. Les montants forfaitaires, tels qu’ils figurent sur service-public.gouv.fr dans la page vérifiée le 1er septembre 2026, dépendent de la catégorie de revenus du foyer. Les ménages aux revenus supérieurs ne sont pas éligibles à ces gestes en métropole.

Geste maintenu Revenus très modestes Revenus modestes Revenus intermédiaires
Pompe à chaleur air-eau 5 000 euros 4 000 euros 3 000 euros
Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique 11 000 euros 9 000 euros 6 000 euros
Raccordement à un réseau de chaleur ou de froid 1 200 euros 800 euros 400 euros
Dépose de cuve à fioul 1 200 euros 800 euros 400 euros
Audit énergétique 500 euros 400 euros 300 euros

Les conditions générales ne changent pas : résidence principale, logement de plus de quinze ans en métropole (deux ans pour une pompe à chaleur remplaçant une chaudière au fioul), entreprise reconnue garante de l’environnement (RGE) et travaux achevés dans les deux ans suivant l’accord de l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Avant et après : le tableau récapitulatif

Voici la situation d’un logement classé de A à E en métropole, selon la date de dépôt de la demande.

Travaux Demande déposée avant le 1er septembre 2026 Demande déposée à partir du 1er septembre 2026
Isolation (murs, toiture, combles, fenêtres) Aidée par geste Non aidée par geste
Ventilation double flux Aidée par geste Non aidée par geste
Poêle ou chaudière à bois ou biomasse Aidée par geste Non aidée par geste
Chauffe-eau thermodynamique Aidé par geste Non aidé par geste
Solaire thermique et capteurs hybrides Aidé par geste Non aidé par geste
Pompe à chaleur air-eau Aidée par geste Aidée par geste
Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique Aidée par geste Aidée par geste
Raccordement à un réseau de chaleur ou de froid Aidé par geste Aidé par geste
Dépose de cuve à fioul Aidée par geste Aidée par geste
Audit énergétique Aidé par geste Aidé par geste

Les travaux qui disparaissent du parcours par geste restent possibles dans le cadre d’une rénovation d’ampleur, à condition de respecter les nouvelles règles du parcours accompagné décrites ci-dessous.

Parcours accompagné : plus d’aide si le gaz ou le fioul est conservé

Le parcours accompagné, réservé aux rénovations d’ampleur avec un gain d’au moins deux classes énergétiques, est lui aussi modifié. Pour une maison individuelle, la demande n’est plus financée si, à l’issue des travaux, le logement conserve ou installe un chauffage ou une production d’eau chaude fonctionnant au gaz, au fioul ou au charbon. Il faut prévoir une solution décarbonée, en général une pompe à chaleur, sans appoint fossile.

Une seule exception est prévue : le raccordement à un réseau de chaleur alimenté majoritairement par des énergies renouvelables ou de récupération.

Logements F et G, DPE, CEE : les mesures de compensation

Le décret ménage plusieurs transitions. La première concerne les passoires énergétiques. Les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) conservent l’accès à l’intégralité du parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2027, y compris pour l’isolation, la ventilation, le bois et le solaire thermique. L’objectif est de ne pas freiner les propriétaires qui doivent sortir leur bien de l’interdiction de location.

La deuxième mesure porte sur le DPE. L’obligation de joindre un diagnostic à toute demande du parcours par geste, initialement prévue au 1er janvier 2027, est reportée au 1er janvier 2028. D’ici là, un DPE reste nécessaire uniquement pour prouver un classement F ou G et bénéficier de l’exception.

La troisième mesure relève des certificats d’économies d’énergie (CEE). Un arrêté du 17 août 2026 relève, à compter du 1er septembre 2026, les coefficients de bonification des primes Coup de pouce pour les équipements qui quittent MaPrimeRénov. Pour le solaire thermique, la bonification passe à cinq fois le montant de base pour les ménages modestes et à quatre fois pour les autres ménages, selon les fiches BAR-TH-101, BAR-TH-143, BAR-TH-148, BAR-TH-162 et BAR-TH-168. Ces primes sont versées par les fournisseurs d’énergie et leurs partenaires.

Pourquoi ce recentrage ?

Le gouvernement a présenté au printemps 2026 un plan d’électrification des usages, avec l’ambition de faire installer environ un million de pompes à chaleur par an à l’horizon 2030. L’aide par geste se concentre donc sur le remplacement des chaudières fossiles, tandis que l’isolation et les autres travaux sont renvoyés vers les CEE, l’éco-prêt à taux zéro ou la rénovation d’ampleur.

Ce recentrage intervient après une année 2025 marquée par une fermeture temporaire du guichet. Dans son communiqué du 6 février 2026, l’Anah annonçait la réouverture de MaPrimeRénov à la promulgation de la loi de finances 2026, pour l’ensemble des parcours et des ménages, avec un budget de 3,6 milliards d’euros destiné à financer au moins 120 000 rénovations d’ampleur et 150 000 rénovations par geste. Le guichet a effectivement rouvert au cours du mois de février 2026.

Prochaines échéances : l’Anah doit actualiser ses simulateurs et les fournisseurs d’énergie ajustent leurs offres Coup de pouce. Les propriétaires de logements F et G disposent de seize mois, jusqu’au 31 décembre 2027, pour déposer une demande par geste sur l’ancien périmètre. Le 1er janvier 2028 marquera ensuite l’entrée en vigueur du DPE obligatoire pour tous les dossiers. Nous suivrons ces étapes dans notre rubrique énergie et logement et dans le calendrier des aides.