Les avis de taxe foncière 2026 arrivent dans les espaces personnels des propriétaires entre la fin du mois d’août et le mois de septembre 2026, et la facture reste stable dans l’immense majorité des communes. Selon les données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), décryptées par MoneyVox le 27 août 2026, 29 893 communes sur 34 841 (85,8 %) ont reconduit leur taux de 2025. Seules 4 731 communes (13,6 %) l’ont augmenté, et 217 (0,6 %) l’ont abaissé. Mais attention : même à taux inchangé, tous les propriétaires paient un peu plus, car la base de calcul progresse automatiquement de 0,8 % cette année.
Un record de stabilité, mais très peu de baisses
Le taux de reconduction de 86 % observé en 2026 est identique à celui de 2025, et bien supérieur à celui de 2024 (82,1 %).
En revanche, les baisses de taux se font de plus en plus rares. Elles ne concernent que 217 communes en 2026, contre 390 en 2025, 409 en 2024 et 463 en 2023. Ce chiffre est le plus bas de la série. Autrement dit, quand une commune bouge son taux, c’est presque toujours à la hausse : 4 731 augmentations pour 217 diminutions.
Les petites communes sont proportionnellement les plus nombreuses à avoir relevé leur taux. Parmi celles de moins de 500 habitants, 14,3 % (soit 2 391 municipalités) ont voté une hausse. Dans la tranche de 500 à 3 500 habitants, la part atteint 14,8 % (2 073 communes). À l’inverse, les grandes villes ont très peu touché à leur fiscalité : parmi les villes de plus de 40 000 habitants, seules 11 sur 198 ont augmenté leur taux, et les villes de plus de 100 000 habitants affichent une stabilité générale.
Les 11 grandes villes qui augmentent leur taux communal
Le cabinet FSL, spécialiste des finances locales, a passé au crible 198 villes de plus de 40 000 habitants. Onze d’entre elles ont relevé leur taux communal de taxe foncière sur les propriétés bâties en 2026. La hausse la plus spectaculaire concerne Mamoudzou, à Mayotte, avec un taux communal en progression de 95 %. Suivent Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis (+29,9 %), et Montrouge, dans les Hauts-de-Seine (+25 %).
| Ville | Département | Évolution du taux communal 2026 |
|---|---|---|
| Mamoudzou | Mayotte | +95 % |
| Aulnay-sous-Bois | Seine-Saint-Denis | +29,9 % |
| Montrouge | Hauts-de-Seine | +25 % |
| Fréjus | Var | +22,4 % |
| Ajaccio | Corse-du-Sud | +19 % |
| Clamart | Hauts-de-Seine | +16,9 % |
| Drancy | Seine-Saint-Denis | +14,1 % |
| Bastia | Haute-Corse | +13,7 % |
| Baie-Mahault | Guadeloupe | +13,7 % |
| Les Abymes | Guadeloupe | +9,3 % |
| Courbevoie | Hauts-de-Seine | +2,5 % |
Ces pourcentages portent sur le taux voté par la commune, pas sur le montant final de votre avis. Une hausse de 25 % du taux communal ne signifie pas que votre taxe foncière augmente de 25 % : la part intercommunale, les taxes annexes et la revalorisation des bases s’ajoutent au calcul.
Une seule grande ville fait le chemin inverse de manière notable. À Nice, le taux communal recule de 13,2 % en 2026. Cette baisse ne signifie pas pour autant une facture plus légère pour tous les Niçois : la revalorisation nationale des bases de 0,8 % et les autres lignes de l’avis viennent en réduire l’effet.
Pourquoi votre taxe augmente même si le taux ne bouge pas
La taxe foncière se calcule en multipliant une base imposable par les taux votés par les collectivités. Cette base, appelée valeur locative cadastrale, correspond au loyer théorique annuel que votre bien pourrait produire s’il était loué dans des conditions normales. Pour les propriétés bâties, la base d’imposition est égale à la moitié de cette valeur locative.
Chaque année, la valeur locative est revalorisée en fonction de l’inflation, sans aucune décision locale. Pour 2026, le coefficient est fixé à 1,008, soit une augmentation forfaitaire de 0,8 % pour les propriétés bâties et non bâties, hors locaux professionnels. Ce coefficient découle de l’indice des prix à la consommation harmonisé publié en novembre 2025. Après trois années de hausses nettement plus fortes, c’est la progression la plus faible depuis longtemps.
Les collectivités votent ensuite leurs propres taux : commune, intercommunalité, syndicats, ainsi que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui figure sur le même avis. Elles peuvent les baisser, les maintenir ou les augmenter, indépendamment de la revalorisation des bases. Les deux effets se cumulent. C’est ce qui explique qu’une hausse de taux, même modeste, se traduise toujours par une progression supérieure à 0,8 % du montant à payer.
Comment lire les taux sur votre avis 2026
Votre avis de taxe foncière est disponible dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr, rubrique Documents. Si vous n’êtes pas mensualisé, il est mis en ligne dès la fin du mois d’août 2026 ; les propriétaires mensualisés le reçoivent quelques semaines plus tard, en septembre 2026. La version papier suit par courrier pour ceux qui n’ont pas opté pour la dématérialisation.
La ligne « Commune » indique le taux voté par votre mairie, la ligne « Intercommunalité » celui de la communauté de communes, d’agglomération ou de la métropole. D’autres lignes peuvent apparaître : syndicats, taxe Gemapi, TEOM et frais de gestion de l’État. Pour chacune, le taux de l’année précédente est rappelé, ce qui permet de voir d’un coup d œil d’où vient une hausse.
Retrouvez nos autres explications sur les impôts locaux dans la rubrique impôts et les échéances de l’automne dans notre calendrier.
L’année des municipales, une année de prudence fiscale
Le calendrier politique explique en grande partie la stabilité observée. Les élections municipales se sont tenues en mars 2026. Les taux de fiscalité locale ont été votés dans les semaines qui ont suivi l’installation des nouveaux conseils municipaux, à un moment où augmenter les impôts aurait été très mal perçu par des électeurs tout juste consultés. Selon le cabinet FSL, la maîtrise de la fiscalité locale a occupé une place importante dans de nombreuses campagnes. Résultat : très peu de hausses dans les grandes villes, et des taux souvent reconduits à l’identique.
Les 4 731 communes qui ont malgré tout relevé leur taux sont souvent de petite taille. Pour elles, la taxe foncière est devenue le principal levier fiscal depuis la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales.
La prochaine étape pour les propriétaires est le paiement. La date limite figure en tête de votre avis : elle se situe traditionnellement à la mi-octobre pour un paiement par chèque, TIP ou espèces, avec quelques jours supplémentaires pour le paiement en ligne, prélevé à la fin du mois d’octobre 2026. Les propriétaires mensualisés n’ont rien à faire, sauf à vérifier que leurs prélèvements couvrent bien le nouveau montant. Nous détaillerons les dates exactes de paiement et les solutions en cas de difficulté dans un prochain article.