L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), que beaucoup appellent encore le minimum vieillesse, garantit en 2026 un revenu de 1 043,59 euros par mois à une personne seule et de 1 620,18 euros à un couple. Ces montants s’appliquent depuis le 1er janvier 2026, après une revalorisation de 0,9 %. L’Aspa s’adresse aux retraités de 65 ans et plus (62 ans dans certains cas) qui résident en France et dont les ressources restent sous ces plafonds. Elle n’est jamais versée automatiquement : il faut la demander, et c’est désormais possible en ligne sur lassuranceretraite.fr.

Quel montant en 2026 ?

L’Aspa n’est pas une somme fixe que l’on ajoute à sa retraite. C’est une allocation différentielle. La caisse additionne vos ressources, puis verse la différence entre ce total et le plafond correspondant à votre situation. Le montant maximal n’est donc atteint que par les personnes qui n’ont aucune autre ressource.

Situation Montant maximal par mois Montant maximal par an Plafond de ressources mensuel
Personne seule 1 043,59 euros 12 523,14 euros 1 043,59 euros
Couple, un seul bénéficiaire 1 043,59 euros 12 523,14 euros 1 620,18 euros
Couple, deux bénéficiaires 1 620,18 euros 19 442,21 euros 1 620,18 euros

Le plafond de ressources est identique au montant maximal de l’allocation. Concrètement, si vos ressources dépassent 1 043,59 euros par mois pour une personne seule, ou 1 620,18 euros pour un couple (marié, pacsé ou en concubinage), vous n’avez pas droit à l’Aspa. En dessous, l’allocation vient combler l’écart.

Qui peut en bénéficier ?

Trois conditions doivent être réunies : l’âge, la résidence et les ressources.

L’âge d’abord. L’Aspa s’obtient à partir de 65 ans dans le cas général. Elle est accessible dès 62 ans si vous êtes reconnu inapte au travail, si vous percevez une retraite anticipée pour handicap ou pour carrière longue. Les anciens combattants et anciens prisonniers de guerre bénéficient aussi d’un âge abaissé, qui varie selon leur année de naissance.

La résidence ensuite. Vous devez vivre en France de manière stable, en métropole ou dans un département d’outre-mer, soit plus de neuf mois par an. Les étrangers hors Union européenne doivent en plus justifier d’un titre de séjour autorisant à travailler depuis au moins dix ans, sauf exceptions (réfugiés, apatrides, anciens combattants notamment).

Les ressources enfin. La caisse examine les revenus des trois mois qui précèdent la demande. Si le plafond est dépassé sur cette période, elle regarde les douze derniers mois. Sont pris en compte : les pensions de retraite et de réversion, les pensions d’invalidité, les pensions alimentaires, les revenus professionnels (après un abattement de 2 734,55 euros sur trois mois ou de 10 938,20 euros sur douze mois) et les biens immobiliers ou mobiliers, évalués forfaitairement à 3 % de leur valeur. Ne comptent pas : votre résidence principale, les aides au logement (APL, ALS), l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ou encore la prestation de compensation du handicap.

La récupération sur succession : un seuil de 108 586,14 euros

C’est le point qui freine le plus de retraités. L’Aspa est une aide récupérable : au décès du bénéficiaire, l’État peut reprendre une partie des sommes versées sur sa succession. Mais cette récupération est très encadrée.

Elle ne s’applique que si l’actif net de la succession dépasse 108 586,14 euros en métropole, pour un décès survenu en 2026. Dans les départements d’outre-mer, le seuil est fixé à 150 000 euros. L’actif net, c’est la valeur des biens laissés (maison, comptes, épargne) une fois les dettes déduites. Si votre patrimoine est en dessous de ce seuil, vos héritiers ne rembourseront rien.

Au-dessus, la récupération porte uniquement sur la part qui dépasse le seuil, et elle est plafonnée. Selon service-public.gouv.fr, elle ne peut pas excéder 8 463,42 euros par année d’allocation pour une personne seule, la limite étant plus élevée pour un couple. Un retraité qui a touché l’Aspa pendant cinq ans ne verra donc jamais sa succession amputée de plus de cinq fois ce plafond, et seulement sur ce qui dépasse 108 586,14 euros.

Comment faire la demande en ligne ?

Depuis décembre 2025, l’Assurance retraite propose un service en ligne baptisé « Demander une allocation (Aspa) » dans l’espace personnel de lassuranceretraite.fr. Son principal atout : le formulaire s’adapte à votre situation et vos ressources sont préremplies à partir des données déjà connues de l’administration (déclaration de revenus, dispositif de ressources mensuelles). Vous vérifiez, vous complétez ce qui manque, vous validez. L’Assurance retraite a présenté ce service le 26 février 2026, aux côtés de ses autres démarches dématérialisées pour les seniors.

Si vous dépendez d’un autre régime, la demande s’adresse à l’organisme qui verse votre retraite principale : la Mutualité sociale agricole (MSA) pour les anciens salariés ou exploitants agricoles, la CNRACL ou le service des pensions pour les fonctionnaires. Si vous ne percevez aucune retraite, le dossier se dépose auprès de la mairie ou du centre communal d’action sociale de votre commune, qui le transmet au service compétent. Un formulaire papier reste disponible dans tous les cas.

Une fois la demande reçue, la caisse dispose de deux mois pour répondre. Sans réponse dans ce délai, la demande est considérée comme rejetée : contactez alors votre caisse pour connaître l’état du dossier. L’allocation est versée au plus tôt à partir du 1er jour du mois qui suit la réception de la demande. Il n’y a aucun rattrapage pour les mois passés : chaque mois d’hésitation est un mois perdu.

Les erreurs fréquentes et le non-recours

L’Aspa est l’une des prestations les moins réclamées par ceux qui y ont droit. Plusieurs idées reçues expliquent ce non-recours.

Première erreur : croire que la caisse l’attribue automatiquement au moment de la liquidation de la retraite. C’est faux. Même si votre pension est très faible, personne ne fera la demande à votre place. Deuxième erreur : penser que posséder son logement exclut du dispositif. La résidence principale n’entre pas dans le calcul des ressources. Troisième erreur : renoncer par peur de pénaliser ses enfants, alors que le seuil de 108 586,14 euros protège la plupart des successions modestes.

D’autres pièges concernent les bénéficiaires déjà servis. Tout changement de situation doit être signalé : mariage, séparation, décès du conjoint, déménagement, séjour prolongé à l’étranger, reprise d’activité, nouvelle pension. Un oubli entraîne un trop-perçu que la caisse réclamera ensuite. Enfin, l’Aspa n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu et, selon vos ressources, elle peut se cumuler avec la complémentaire santé solidaire, gratuite ou avec une participation. Nos guides sur les démarches et les allocations détaillent ces aides associées.

Quelle revalorisation au 1er janvier 2027 ?

L’Aspa suit chaque année, au 1er janvier, la revalorisation des pensions de base, calée sur l’inflation constatée. En 2026, cette hausse a été de 0,9 %, ce qui a porté le montant maximal de 1 034,28 euros à 1 043,59 euros pour une personne seule. Pour 2027, le taux n’est pas encore connu. Il dépendra de l’évolution des prix mesurée à l’automne 2026 et des arbitrages du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, présenté chaque année en octobre. Un gel partiel des pensions est évoqué dans les débats budgétaires ; les minima sociaux, dont l’Aspa, sont en général préservés, mais rien n’est arrêté à ce stade.

Nous mettrons à jour ce guide dès la publication du taux officiel, attendu à la fin de l’année 2026. D’ici là, les autres échéances de votre pension, dont la revalorisation Agirc-Arrco du 1er novembre 2026, sont suivies dans notre rubrique retraite.