Une entreprise qui recrute un apprenti à la rentrée 2026 peut recevoir jusqu’à 5 000 euros d’aide de l’État, et jusqu’à 6 000 euros si le jeune est en situation de handicap. Ce coup de pouce, fixé par le décret n° 2026-168 du 6 mars 2026, concerne les contrats d’apprentissage conclus à partir du 8 mars 2026 et dont l’exécution débute avant le 1er janvier 2027. Le montant dépend de la taille de l’entreprise et du diplôme préparé. Il est versé chaque mois, automatiquement, pendant la première année du contrat. Le ministre du Travail a promis, le 16 juillet 2026, que les crédits de l’apprentissage seraient préservés en 2027.

Qui peut toucher l’aide et pour quels contrats ?

L’aide s’adresse à tous les employeurs qui signent un contrat d’apprentissage, quelle que soit leur taille. Deux dates encadrent le dispositif actuel. Le contrat doit avoir été conclu à partir du 8 mars 2026. Son exécution, c’est-à-dire le premier jour de travail de l’apprenti, doit commencer avant le 1er janvier 2027. Un contrat signé en septembre 2026 pour une rentrée en octobre 2026 entre donc pleinement dans le cadre. Un contrat signé en décembre 2026 mais qui démarre en janvier 2027 relèvera des règles fixées pour l’année prochaine.

L’aide est attribuée au titre de la première année du contrat seulement. Elle est versée pendant 12 mois au maximum. Si le contrat dure moins d’un an, le montant est calculé au prorata de sa durée. Un contrat rompu avant son terme entraîne l’arrêt des versements.

La fiche officielle d’entreprendre.service-public.gouv.fr, mise à jour le 22 juillet 2026, distingue deux dispositifs qui se complètent. L’aide unique s’applique aux entreprises de moins de 250 salariés qui préparent un apprenti à un diplôme de niveau bac au plus. L’aide exceptionnelle couvre les autres situations : diplômes supérieurs au bac dans les petites entreprises, et l’ensemble des contrats dans les entreprises de 250 salariés et plus. Pour l’employeur, la différence est surtout administrative : la démarche et le rythme de versement sont identiques.

Quel montant selon la taille de l’entreprise et le diplôme ?

Le barème repose sur deux critères : l’effectif de l’entreprise et le niveau du diplôme ou du titre préparé par l’apprenti. Les petites et moyennes entreprises sont les mieux servies. Les grandes entreprises reçoivent des montants plus faibles et doivent respecter une condition supplémentaire.

Diplôme préparé Entreprise de moins de 250 salariés Entreprise de 250 salariés et plus
Jusqu’au bac (CAP, bac pro, niveau 4 au plus) 5 000 euros 2 000 euros
Bac+2 (BTS, niveau 5) 4 500 euros 1 500 euros
Bac+3 à bac+5 (licence, master, niveaux 6 et 7) 2 000 euros 750 euros
Apprenti en situation de handicap, tout niveau 6 000 euros maximum 6 000 euros maximum

Pour un apprenti en situation de handicap, le plafond de 6 000 euros s’applique quelle que soit la taille de l’entreprise et quel que soit le diplôme préparé. C’est le montant le plus élevé du dispositif.

Les entreprises de 250 salariés et plus ne perçoivent l’aide que si elles s’engagent à atteindre, au 31 décembre 2027, au moins 5 % de contrats favorisant l’insertion professionnelle dans leur effectif. Cette part réunit notamment les contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Selon la fiche officielle, une entreprise qui atteint 3 % d’alternants tout en progressant de 10 % par rapport à l’année précédente peut aussi remplir la condition. Si l’objectif n’est pas atteint, l’entreprise devra rembourser les sommes perçues.

Comment l’aide est-elle versée ?

Aucun dossier de demande n’est à remplir. Le versement est déclenché par les démarches habituelles d’embauche d’un apprenti. L’employeur transmet le contrat d’apprentissage à son opérateur de compétences (OPCO) dans les six mois qui suivent sa conclusion. Une fois le contrat validé, l’Agence de services et de paiement (ASP) prend le relais et verse l’aide chaque mois, avant le paiement du salaire de l’apprenti.

Le maintien des versements dépend ensuite de la déclaration sociale nominative (DSN). L’employeur doit y déclarer l’apprenti tous les mois. Si la DSN n’est pas transmise ou si l’apprenti n’y figure plus, l’aide est suspendue. Le premier versement peut prendre quelques semaines, le temps que l’OPCO valide le contrat.

Quel salaire pour l’apprenti ?

Côté jeunes, l’apprentissage reste un emploi rémunéré. La loi fixe une rémunération minimale exprimée en pourcentage du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic). Elle augmente avec l’âge de l’apprenti et avec chaque année de contrat. Le Smic brut mensuel de référence s’élève à 1 867,02 euros, selon la fiche de service-public.gouv.fr vérifiée le 8 septembre 2026.

Âge de l’apprenti 1re année 2e année 3e année
16 à 17 ans 27 % du Smic 39 % du Smic 55 % du Smic
18 à 20 ans 43 % du Smic 51 % du Smic 67 % du Smic
21 à 25 ans 53 % du Smic au moins 61 % du Smic au moins 78 % du Smic au moins
26 ans et plus 100 % du Smic 100 % du Smic 100 % du Smic

Pour les apprentis de 21 ans et plus, la convention collective peut prévoir un pourcentage supérieur. À partir de 26 ans, l’apprenti touche au minimum le Smic entier, ou le salaire minimum conventionnel s’il est plus élevé. Un apprenti de 18 ans en première année perçoit donc au moins 43 % de 1 867,02 euros brut, soit environ 803 euros brut par mois. Cette rémunération bénéficie d’exonérations de cotisations salariales dans la limite d’une part du Smic, ce qui rapproche le net du brut.

La même fiche rappelle que les apprentis peuvent solliciter des aides spécifiques, notamment pour financer le permis de conduire et pour se loger avec l’aide Mobili-Jeune d’Action Logement. Les montants et conditions exacts de ces deux aides doivent être vérifiés auprès des organismes concernés avant de constituer un dossier. Vous trouverez nos autres articles sur l’emploi des jeunes dans la rubrique emploi.

Et après le 31 décembre 2026 ?

Le dispositif actuel a une date de fin claire : les contrats qui démarrent à partir du 1er janvier 2027 ne sont pas couverts par le décret du 6 mars 2026. Un nouveau texte devra donc fixer les règles pour l’année prochaine. C’est dans ce contexte que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est exprimé dans Les Echos le 16 juillet 2026 : « Les crédits de l’apprentissage seront préservés », a-t-il assuré, tout en précisant que son ministère doit réaliser 1,9 milliard d’euros d’économies dans le budget 2027.

Cette déclaration ne garantit pas que les montants resteront identiques. Ces dernières années, le barème a été revu à plusieurs reprises, avec une distinction croissante entre petites et grandes entreprises et entre niveaux de diplôme. La prudence commande donc d’attendre la publication du projet de loi de finances pour 2027, prévue à l’automne, puis celle d’un décret d’application.

Pour les employeurs, le calcul est simple à court terme : un contrat qui débute avant le 1er janvier 2027 bénéficie du barème connu, sans démarche particulière au-delà de la transmission à l’OPCO. Pour les jeunes, la rentrée 2026 reste un moment favorable pour décrocher un contrat, les entreprises ayant intérêt à signer avant la fin de l’année. Nous mettrons cet article à jour dès que le gouvernement précisera les montants applicables aux contrats de 2027. Les autres aides liées au travail et à la formation sont regroupées dans notre rubrique emploi et les échéances à venir dans le calendrier.