L’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), plus connue sous le nom d’allocation chômage, n’a pas été revalorisée au 1er juillet 2026. Le conseil d’administration de l’Unédic, réuni le 30 juin 2026, n’a pas réussi à réunir une majorité : c’est la première fois depuis 2016. Les montants fixés au 1er juillet 2025 restent donc en vigueur pour les quelque deux millions de demandeurs d’emploi indemnisés : allocation minimale de 32,13 euros brut par jour, partie fixe de 13,18 euros, plancher de dégressivité de 92,57 euros. Ce guide détaille comment l’ARE est calculée, qui peut y prétendre et pendant combien de temps.

Pourquoi l’allocation chômage n’a pas augmenté au 1er juillet 2026

Chaque année, les allocations chômage sont en principe revalorisées au 1er juillet. La décision revient au conseil d’administration de l’Unédic, l’organisme paritaire qui gère l’assurance chômage. Syndicats de salariés et organisations patronales y siègent à parts égales et doivent se mettre d’accord sur un taux.

Le 30 juin 2026, aucune majorité n’a pu être réunie. L’Unédic l’indique sans détour dans son communiqué : « aucune majorité n’a pu être réunie pour revaloriser les allocations chômage au 1er juillet 2026 ». Conséquence directe : les montants issus de la dernière revalorisation, celle du 1er juillet 2025, continuent de s’appliquer. Un demandeur d’emploi indemnisé depuis le printemps ne voit donc aucun changement sur son paiement de juillet, d’août ou de septembre 2026.

L’Unédic rappelle que cette situation n’est pas inédite. En 2016, les allocations n’avaient pas non plus été revalorisées. Depuis, chaque 1er juillet avait apporté une hausse, modeste certaines années, plus marquée en 2022 et 2023 dans le sillage de l’inflation.

Qui peut ouvrir des droits à l’ARE ?

L’ARE est réservée aux personnes qui ont perdu leur emploi involontairement : fin de contrat à durée déterminée, licenciement, rupture conventionnelle, ou démission considérée comme légitime. Il faut ensuite s’inscrire comme demandeur d’emploi auprès de France Travail, résider en France, être physiquement apte à travailler et ne pas avoir atteint l’âge de la retraite à taux plein.

La condition la plus importante porte sur la durée de travail antérieure. Selon France Travail, vous devez justifier de 130 jours ou 910 heures travaillés, soit environ six mois, au cours des 24 mois qui précèdent la fin de votre dernier contrat. Cette période de recherche est allongée à 36 mois pour les personnes âgées de 55 ans et plus. Les travailleurs saisonniers bénéficient d’une règle particulière : cinq mois de travail suffisent.

Une fois les droits ouverts, le versement ne démarre pas immédiatement. Un délai d’attente de 7 jours s’applique systématiquement, une seule fois par période de 12 mois. Il peut se cumuler avec deux différés : le différé lié aux congés payés non pris, et le différé spécifique lié aux indemnités de rupture qui dépassent le minimum légal. Ce différé spécifique est plafonné à 150 jours calendaires, ramenés à 75 jours en cas de licenciement économique, selon service-public.gouv.fr.

Comment l’ARE est-elle calculée ?

Tout part du salaire journalier de référence (SJR). France Travail additionne les salaires bruts perçus pendant la période de référence, puis divise ce total par le nombre de jours calendaires de cette période, y compris certains jours non travaillés. C’est ce SJR qui sert de base à l’allocation.

L’allocation journalière brute correspond ensuite au résultat le plus élevé entre deux calculs :

  • 40,4 % du SJR, auquel s’ajoute une partie fixe de 13,18 euros ;
  • 57 % du SJR.

Le montant obtenu est encadré. Il ne peut pas être inférieur à l’allocation minimale de 32,13 euros par jour. Il ne peut pas non plus dépasser 75 % du SJR. Ce plafond prime sur le minimum : si 75 % de votre SJR représente moins de 32,13 euros, c’est ce plafond qui s’applique. En pratique, la première formule avantage les salaires modestes et moyens, la seconde les salaires plus élevés.

Ce montant journalier est ensuite multiplié par le nombre de jours du mois : 30 ou 31 jours, et 28 ou 29 en février. Des prélèvements sociaux (CSG, CRDS) et une cotisation retraite complémentaire s’appliquent en général sur l’allocation brute, sauf pour les montants les plus bas.

Les montants journaliers en vigueur en 2026

Les valeurs ci-dessous sont celles du 1er juillet 2025, reconduites après le conseil d’administration du 30 juin 2026. Elles restent applicables jusqu’à une prochaine décision de revalorisation.

Paramètre Montant journalier en 2026
Allocation minimale (ARE) 32,13 euros
Partie fixe de l’ARE 13,18 euros
ARE formation (ARE-F) minimale 22,99 euros
Plancher après dégressivité 92,57 euros
Allocation minimale à Mayotte 16,05 euros
ARE formation minimale à Mayotte 11,51 euros
Plafond de l’allocation 75 % du salaire journalier de référence

L’ARE formation est l’allocation versée pendant une formation validée par France Travail. Son montant suit celui de l’ARE, avec un minimum spécifique plus bas, de 22,99 euros par jour. À Mayotte, un régime particulier s’applique, avec des montants réduits. L’allocation de solidarité spécifique (ASS), versée aux personnes en fin de droits, relève d’un autre barème revalorisé par l’État, et non par l’Unédic ; elle n’est pas concernée par cette décision. Les autres minima sociaux sont détaillés dans notre rubrique allocations.

La dégressivité de 30 % pour les anciens hauts salaires

Depuis la réforme de 2019, une baisse de l’allocation s’applique aux salaires les plus élevés. Elle concerne les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans à la date de fin de contrat dont le salaire antérieur dépassait 159,68 euros brut par jour. Service-public.gouv.fr convertit ce seuil en 4 857,81 euros brut par mois ; France Travail affiche de son côté 4 939,67 euros sur sa page consacrée à l’ARE. Le seuil qui fait foi est la valeur journalière de 159,68 euros, identique sur les deux sites.

Pour ces allocataires, l’ARE est réduite de 30 % à partir du 7e mois de versement, soit après 182 jours d’indemnisation. L’allocation réduite ne peut toutefois pas descendre sous un plancher de 92,57 euros par jour, un montant lui aussi maintenu au 1er juillet 2026. Les personnes de 55 ans et plus à la fin de leur contrat ne sont pas concernées. Une période de formation suivie pendant les six premiers mois repousse le point de départ de la dégressivité.

Combien de temps êtes-vous indemnisé ?

La durée d’indemnisation dépend du nombre de jours travaillés au cours de la période de référence. Depuis le 1er février 2023, cette durée est multipliée par un coefficient de 0,75, ce qui la réduit d’un quart. Les durées maximales varient selon l’âge à la date de fin du contrat de travail.

Âge à la fin du contrat Durée maximale d’indemnisation Équivalent
Moins de 55 ans 548 jours environ 18 mois
55 et 56 ans 685 jours environ 22,5 mois
57 ans et plus 822 jours environ 27 mois

La durée minimale d’indemnisation est de 182 jours, soit environ six mois (152 jours pour les saisonniers). À 55 ans et plus, une durée supplémentaire de 137 jours peut s’ajouter en cas de formation. Un complément de fin de droits peut également être accordé si la situation du marché du travail se dégrade fortement, selon des indicateurs fixés par la réglementation : les durées peuvent alors remonter à 730, 913 ou 1 095 jours selon l’âge. Enfin, les allocataires qui ont atteint l’âge légal de la retraite sans disposer de tous leurs trimestres peuvent, sous conditions, être maintenus dans leurs droits jusqu’à 67 ans.

Une nouveauté intervient au 1er septembre 2026. Pour les ruptures conventionnelles individuelles signées à compter de cette date, France Travail indique que la durée maximale d’indemnisation est ramenée à 456 jours (environ 15 mois) avant 55 ans et à 624 jours (environ 20,5 mois) à partir de 55 ans. Les ruptures signées avant cette date conservent les durées classiques du tableau ci-dessus. Nous détaillerons cette mesure dans un article dédié de notre rubrique emploi.

La prochaine échéance est celle du 1er juillet 2027 : le conseil d’administration de l’Unédic devra de nouveau se prononcer sur une revalorisation. D’ici là, les montants du 1er juillet 2025 restent la référence pour toute demande d’allocation. Les autres dates à surveiller cet automne, indemnités journalières, pensions et prestations familiales, figurent dans notre calendrier des aides.