Combien gagnent vraiment les salariés du privé, et où vous situez-vous ? L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié le 22 octobre 2026 son étude annuelle sur les salaires de 2025. Un salarié du privé gagne en moyenne 2 797 euros net par mois en équivalent temps plein, et la moitié gagne moins de 2 238 euros. Grâce au reflux de l’inflation, limitée à 0,9 % en 2025, le pouvoir d’achat du salaire moyen progresse de 1,5 %, l’une des plus fortes hausses depuis 1996. Mais les plus hauts salaires en ont davantage profité. Voici les chiffres clés pour comparer votre fiche de paie.

Les salaires du privé en 2025

En 2025, le salaire moyen en équivalent temps plein (EQTP) dans le secteur privé s’établit à 3 693 euros brut par mois, soit 2 797 euros net de cotisations et contributions sociales. En euros courants, il progresse de 2,5 %. En retirant l’inflation, la hausse atteint 1,5 %, après +0,8 % en 2024, -1,0 % en 2023 et -1,3 % en 2022.

Pour la première fois depuis la crise sanitaire, le pouvoir d’achat du salaire net moyen dépasse son niveau de 2019. Mais sur la période 2019-2025, il n’a progressé que de 0,2 % par an en moyenne, contre 0,6 % par an entre 1996 et 2019.

Où vous situez-vous ?

L’Insee publie la répartition des salaires nets mensuels en équivalent temps plein. Le tableau se lit ainsi : 10 % des salariés gagnent moins que le 1er décile, 20 % moins que le 2e décile, et ainsi de suite.

Repère Femmes Hommes Ensemble
1er décile (10 % gagnent moins) 1 506 euros 1 534 euros 1 519 euros
3e décile 1 799 euros 1 916 euros 1 861 euros
Médiane (50 % gagnent moins) 2 128 euros 2 328 euros 2 238 euros
7e décile 2 664 euros 2 993 euros 2 850 euros
9e décile (10 % gagnent plus) 4 028 euros 4 737 euros 4 441 euros
99e centile (1 % gagnent plus) 8 776 euros 11 743 euros 10 552 euros

L’écart entre femmes et hommes se creuse en haut de l’échelle : au 9e décile, 4 028 euros pour les femmes contre 4 737 euros pour les hommes, soit plus de 700 euros de différence. Attention : ces chiffres sont exprimés en équivalent temps plein. Si vous travaillez à 80 %, comparez votre salaire divisé par 0,8. Ils portent sur les salariés du privé, y compris apprentis et stagiaires, hors agriculture, salariés des particuliers employeurs et fonction publique.

Les salaires par catégorie et par secteur

Catégorie Salaire net moyen 2025 Évolution en euros constants
Cadres 4 711 euros +1,1 %
Professions intermédiaires 2 681 euros +1,0 %
Ouvriers 2 092 euros +1,1 %
Employés 1 979 euros +1,1 %

Par secteur, le salaire net moyen atteint 3 094 euros dans l’industrie, 2 766 euros dans le tertiaire et 2 487 euros dans la construction, où il progresse le plus vite, de 2,3 % en euros constants.

En 2025, 15,1 % des salariés ont aussi touché une prime de partage de la valeur, pour un montant moyen de 881 euros sur l’année.

Des écarts qui se creusent légèrement

En 2025, les salariés les mieux payés ont bénéficié de hausses plus fortes : en euros constants, +1,0 % pour le 1er décile, +1,6 % pour le 9e décile et +2,2 % pour le 99e centile. C’est l’inverse des années 2022 et 2023, quand les revalorisations automatiques du Smic avaient protégé le pouvoir d’achat des bas salaires. Après trois années de resserrement, l’échelle des salaires s’élargit légèrement.

L’écart entre femmes et hommes continue en revanche de se réduire : en équivalent temps plein, les femmes gagnent en moyenne 12,8 % de moins que les hommes, soit 0,3 point de moins qu’en 2024 et 5,2 points de moins en dix ans.

Le Smic, qui sert de plancher, s’élève à 12,31 euros brut de l’heure depuis le 1er juin 2026, et une hausse anticipée est en débat, comme nous l’expliquons dans notre article sur une hausse du Smic avant janvier 2027. Pour comparer l’évolution de votre salaire à celle des prix, consultez notre article sur l’inflation d’octobre 2026.

Prochaine étape : en 2026, l’inflation est repartie à la hausse, à 3,4 % sur un an en octobre selon l’estimation provisoire de l’Insee. Les salaires de 2026, que l’Insee devrait publier à l’automne 2027, diront si le pouvoir d’achat a pu suivre.