C’est désormais officiel. Deux décrets parus au Journal officiel du 21 octobre 2026 confirment le relèvement temporaire du plafond d’exonération de la prime carburant versée par les employeurs. Pour les sommes versées entre le 1er octobre et le 31 décembre 2026, la prime est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu dans la limite de 1 000 euros par salarié, contre 600 euros habituellement. Les conditions sont aussi assouplies : davantage de salariés peuvent en bénéficier, même lorsqu’ils ont accès aux transports en commun. Il reste un peu plus de deux mois pour en profiter. Voici les règles et comment en parler à votre employeur.
Qu’est-ce que la prime carburant ?
L’employeur peut prendre en charge tout ou partie des frais de carburant engagés par le salarié pour se rendre de son domicile à son travail. On parle de prime carburant ou de prime de transport. Elle peut aussi couvrir les frais de recharge d’un véhicule électrique, hybride rechargeable ou à hydrogène.
Elle est facultative. Son montant et ses conditions d’attribution sont fixés :
- par un accord d’entreprise ou interentreprises ;
- à défaut, par un accord de branche ;
- à défaut, par une décision unilatérale de l’employeur, après consultation du comité social et économique (CSE) s’il existe.
Ce qui change jusqu’au 31 décembre 2026
| Règle | Régime habituel | Du 1er octobre au 31 décembre 2026 |
|---|---|---|
| Plafond d’exonération des frais de carburant | 600 euros par an | 1 000 euros |
| Salarié ayant accès aux transports en commun | Non éligible en principe | Éligible sous conditions |
| Cumul avec le remboursement de l’abonnement de transport | Interdit | Autorisé |
| Frais de recharge électrique et forfait mobilités durables | Règles habituelles | Règles habituelles, sans assouplissement |
En temps normal, seuls les salariés contraints d’utiliser leur voiture peuvent toucher la prime : domicile ou lieu de travail non desservi par les transports en commun, ou horaires incompatibles avec ces transports. Jusqu’au 31 décembre 2026, la prime peut être versée même si le domicile ou le lieu de travail est desservi, à condition que le salarié se trouve dans l’une de ces situations :
- il habite ou travaille dans une agglomération de moins de 100 000 habitants ;
- il a des horaires incompatibles avec les transports en commun ;
- il doit se déplacer à ses frais sur plusieurs lieux de travail.
Ces assouplissements concernent uniquement les frais de carburant. Ils ne s’appliquent ni aux frais de recharge des véhicules électriques, ni au forfait mobilités durables.
Les autres plafonds, qui ne bougent pas
Le décret du 20 octobre 2026 rappelle les limites habituelles d’exonération des frais de transport personnels :
- 600 euros par an pour les frais de carburant ou de recharge des véhicules électriques ;
- 600 euros par an pour le forfait mobilités durables, versé aux salariés qui viennent à vélo, en covoiturage ou en deux-roues, dont 300 euros au plus pour le carburant ;
- 900 euros en cas de cumul du forfait mobilités durables et de la prise en charge de l’abonnement de transport, ou le montant de la prise en charge de l’abonnement s’il est supérieur ;
- 310 euros pour l’aide versée par une collectivité, une intercommunalité ou France Travail aux salariés qui habitent à 30 km au moins de leur travail ou qui covoiturent.
Comment en bénéficier ?
Les employeurs pouvaient déjà anticiper ces règles dans leurs déclarations depuis l’été, comme l’avaient indiqué l’Urssaf et le bulletin officiel de la sécurité sociale. Les décrets d’octobre les rendent officielles.
Cette prime de l’employeur s’ajoute aux aides de l’État. Si vous parcourez de longues distances pour travailler, vérifiez aussi votre éligibilité à l’aide de 100 euros pour les grands rouleurs, dont les demandes ouvrent le 27 octobre 2026. Les autres échéances de la fin d’année sont réunies dans notre calendrier des démarches.
Prochaine échéance : le 31 décembre 2026. À partir du 1er janvier 2027, le plafond revient à 600 euros et les conditions habituelles s’appliquent de nouveau, sauf nouvelle prolongation.