Les arrêts maladie sont au menu du budget 2027. Dans un entretien au Parisien publié le samedi 29 août 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis une « vraie réforme » de leur indemnisation, à négocier avec les partenaires sociaux. Une première mesure est déjà sur la table : le plafond des indemnités journalières versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle serait ramené à 1,8 Smic à compter du 1er novembre 2026, par décret. Environ 14 % de ces arrêts seraient concernés. Pour la maladie ordinaire, rien ne change à ce stade : le plafond est de 1,4 Smic depuis avril 2025, soit 42,97 euros bruts par jour au maximum en 2026.

Ce que le Premier ministre a annoncé le 29 août 2026

Sébastien Lecornu s’inquiète de « la progression des arrêts maladie » et affirme que « tout le monde ne peut que constater les abus qui explosent ces dernières années ». Il ne détaille pas de mesure pour la maladie ordinaire mais pose une méthode : une concertation avec les syndicats et le patronat, puis des arbitrages dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027.

Plusieurs pistes circulent depuis dans la presse. La plus commentée est l’allongement du délai de carence, c’est-à-dire des jours d’arrêt non indemnisés par l’Assurance maladie. Il est aujourd’hui de trois jours pour un salarié en arrêt maladie ordinaire. Un renforcement des contrôles et une nouvelle baisse du plafond des indemnités sont aussi évoqués. Aucune de ces options n’a été confirmée par le gouvernement. Nous les présentons donc comme des hypothèses, pas comme des décisions.

Accident du travail : ce qui doit changer le 1er novembre 2026

Aujourd’hui, un salarié victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle perçoit des indemnités journalières dès le lendemain de l’arrêt, sans délai de carence. Selon service-public.gouv.fr, elles représentent 60 % du salaire journalier de référence pendant les 28 premiers jours, puis 80 % à partir du 29e jour. Le salaire pris en compte est limité à 400,82 euros par jour en 2026. L’indemnité maximale atteint donc 240,49 euros par jour au début de l’arrêt, puis 320,66 euros. Ce plafond correspond à plus de trois fois le Smic.

D’après MoneyVox et l’AFP, le ministère du Travail prépare un décret pour abaisser ce plafond à 1,8 Smic à compter du 1er novembre 2026. L’économie attendue est d’environ 270 millions d’euros en 2027. Toujours selon ces sources, la mesure toucherait 14 % des arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle, qui représentent à eux seuls 28 % de la dépense. Autrement dit, seuls les salaires les plus élevés seraient concernés. Un salarié payé au Smic, ou jusqu’à 1,8 Smic, ne verrait aucune différence.

Le texte n’était pas publié au Journal officiel à la date de rédaction de cet article. Le montant exact du nouveau plafond journalier, et la façon dont il s’appliquera aux arrêts déjà en cours, ne seront connus qu’à sa parution.

Un exemple chiffré, à prendre avec prudence

Le calcul ci-dessous s’appuie sur les paramètres 2026 connus (Smic mensuel brut d’environ 1 867 euros, salaire journalier obtenu en divisant le salaire mensuel par 30,42). Il donne un ordre de grandeur, pas un montant garanti : le décret pourra retenir des modalités différentes.

Cette perte peut être compensée en partie par l’employeur. Beaucoup de conventions collectives prévoient un maintien de salaire pendant l’arrêt. Si c’est votre cas, la baisse du plafond pèsera sur l’entreprise plutôt que sur vous. Vérifiez votre convention collective ou interrogez votre service des ressources humaines.

Fiscalisation : une deuxième mesure envisagée dans le PLFSS 2027

Les indemnités journalières pour accident du travail et maladie professionnelle ne sont aujourd’hui imposables qu’à hauteur de 50 % de leur montant. Celles de la maladie ordinaire, elles, sont imposables en totalité. Selon MoneyVox et l’AFP, le gouvernement envisage d’aligner les deux régimes en rendant les indemnités AT/MP imposables à 100 %. Le gain attendu serait de 285 millions d’euros en 2027.

Cette mesure relève de la loi, pas du décret. Elle devra donc figurer dans le PLFSS 2027, puis être votée par l’Assemblée nationale et le Sénat. Elle peut être modifiée ou abandonnée au cours du débat parlementaire. Si elle est adoptée, elle concernerait au plus tôt les revenus perçus en 2027, déclarés au printemps 2028. Notre rubrique impôts suivra le calendrier.

Maladie ordinaire : ce qui s’applique déjà en 2026

Pour un arrêt maladie classique, les règles ont déjà été durcies. Depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte pour calculer l’indemnité journalière est plafonné à 1,4 Smic, contre 1,8 Smic auparavant. En 2026, cela représente 2 613,82 euros bruts par mois. L’indemnité, égale à 50 % du salaire journalier de base, ne peut donc pas dépasser 42,97 euros bruts par jour, d’après la fiche à jour au 1er juin 2026 de service-public.gouv.fr. Le délai de carence reste de trois jours et l’Assurance maladie verse au maximum douze mois d’indemnités sur trois années consécutives.

Autre nouveauté, entrée en vigueur le 1er septembre 2026 selon plusieurs médias spécialisés : la durée d’un arrêt de travail prescrit est désormais limitée à un mois (31 jours), renouvelable une fois dans la même limite. Un arrêt plus long suppose une nouvelle prescription. Cette règle vise la durée de l’arrêt, pas le montant de l’indemnité.

Mesure Qui est concerné Date Statut
Plafond des IJ maladie à 1,4 Smic (42,97 euros par jour maximum en 2026) Arrêts maladie ordinaires Depuis le 1er avril 2025 Acté
Durée d’un arrêt limitée à 31 jours, renouvelable Tous les arrêts prescrits Depuis le 1er septembre 2026 Acté (selon la presse spécialisée)
Plafond des IJ accident du travail et maladie professionnelle à 1,8 Smic Salariés au-dessus de 1,8 Smic, environ 14 % des arrêts AT/MP 1er novembre 2026 Annoncé, décret non publié
Imposition à 100 % des IJ AT/MP (50 % aujourd’hui) Tous les bénéficiaires d’IJ AT/MP 2027 au plus tôt À voter dans le PLFSS 2027
Allongement du délai de carence, contrôles renforcés Arrêts maladie ordinaires Non fixée Piste, soumise à concertation

Le calendrier des prochaines semaines

Le gouvernement doit d’abord présenter son projet de budget de la Sécurité sociale, attendu à la fin du mois de septembre 2026. Le décret sur les accidents du travail est annoncé pour le 1er novembre 2026. Le vote définitif du PLFSS intervient en général en décembre.

Si vous êtes en arrêt de travail ou si vous le serez dans les prochains mois, aucune démarche n’est à faire aujourd’hui. Vos indemnités continuent d’être calculées avec les règles actuelles, décrites sur ameli.fr et service-public.gouv.fr. Nous mettrons cet article à jour dès la publication du décret au Journal officiel et à la présentation du PLFSS 2027. Vous retrouverez l’ensemble de nos articles sur les droits des assurés dans la rubrique santé et les échéances à venir dans notre calendrier.