En arrêt maladie, un salarié perçoit de l’Assurance maladie une indemnité journalière (IJ) égale à 50 % de son salaire journalier de base, calculé sur ses 3 derniers mois de salaire brut. En 2026, cette indemnité ne peut pas dépasser 42,97 euros bruts par jour, car le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 Smic, soit 2 613,82 euros bruts par mois. Elle est versée à partir du 4e jour d’arrêt, après un délai de carence de 3 jours. Depuis le 1er septembre 2026, un premier arrêt ne peut plus dépasser 31 jours et une prolongation 62 jours, sauf justification médicale.

Comment se calcule l’indemnité journalière en 2026 ?

Le calcul se fait en deux temps. L’Assurance maladie détermine d’abord votre salaire journalier de base. Pour un salarié payé au mois, elle additionne les 3 derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt, puis divise ce total par 91,25. Elle applique ensuite un taux de 50 % à ce salaire journalier.

Un plafond intervient à chaque étape. Le salaire mensuel retenu ne peut pas dépasser 1,4 fois le Smic en vigueur, soit 2 613,82 euros bruts par mois en 2026. Au-delà de ce niveau de rémunération, l’indemnité reste bloquée à 42,97 euros bruts par jour. Si vous gagnez 3 500 euros bruts par mois, vous toucherez donc la même indemnité qu’un salarié payé 2 700 euros.

L’indemnité est calculée par jour calendaire. Elle est due pour chaque jour de l’arrêt, week-ends et jours fériés compris, une fois le délai de carence passé. Elle est ensuite soumise à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), ce qui explique l’écart entre le montant brut annoncé et la somme versée sur votre compte.

Salaire brut mensuel Salaire journalier de base Indemnité journalière brute
1 500 euros 49,32 euros 24,66 euros
1 867,01 euros (Smic) 61,38 euros 30,69 euros
2 000 euros 65,75 euros 32,88 euros
2 500 euros 82,19 euros 41,10 euros
2 613,82 euros (plafond) 85,93 euros 42,97 euros
3 000 euros et plus 85,93 euros (plafonné) 42,97 euros

Les montants sont calculés pour un salarié à temps plein dont le salaire est identique sur les 3 mois de référence. Une prime exceptionnelle ou des heures supplémentaires versées pendant cette période peuvent faire varier le résultat.

Le délai de carence : 3 jours sans indemnité

Les indemnités journalières ne sont pas versées dès le premier jour. La Sécurité sociale applique un délai de carence de 3 jours : le paiement commence au 4e jour de l’arrêt. Pour un arrêt d’une semaine, seuls 4 jours sont donc indemnisés par l’Assurance maladie.

Ce délai s’applique à chaque nouvel arrêt, avec deux exceptions. Si vous reprenez le travail moins de 48 heures entre deux arrêts, la Sécurité sociale n’applique pas de nouvelle carence. Et si vos arrêts successifs sont liés à une même affection de longue durée (ALD), la carence n’est retenue qu’une seule fois par période de 3 ans.

Ces 3 jours peuvent être couverts par votre employeur si votre convention collective ou votre entreprise prévoit un maintien de salaire sans carence. C’est fréquent dans certaines branches, mais ce n’est pas la règle légale.

Qui a droit aux indemnités journalières ?

Il ne suffit pas d’être salarié. Vous devez justifier d’une activité ou de cotisations suffisantes avant l’arrêt. Les conditions dépendent de la durée de l’arrêt.

Pour un arrêt de moins de 6 mois, vous remplissez la condition si vous avez travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois civils ou des 90 jours précédant l’arrêt, ou si vous avez cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le Smic horaire au cours des 6 mois précédents. Une seule de ces deux conditions suffit.

Pour un arrêt de plus de 6 mois, les exigences sont plus élevées : au moins 12 mois d’affiliation à l’Assurance maladie, et 600 heures travaillées sur les 12 mois précédents ou des cotisations sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le Smic horaire sur cette même période.

Enfin, l’arrêt doit être prescrit par un médecin et transmis dans les 48 heures. Depuis la généralisation de la transmission électronique, le professionnel de santé envoie le plus souvent directement les volets 1 et 2 à votre caisse. Il vous reste à remettre le volet 3 à votre employeur. En cas d’envoi papier, seul le formulaire sécurisé est accepté.

Combien de temps peut-on être indemnisé ?

Hors affection de longue durée, un salarié peut percevoir au maximum 360 jours d’indemnités journalières sur une période de 3 ans consécutifs. Tous les arrêts sont additionnés, quelle qu’en soit la cause, à l’exception de ceux liés à une ALD.

Pour une affection de longue durée (cancer, diabète, maladie cardiaque grave, par exemple), les indemnités peuvent être versées pendant 3 ans au titre de cette maladie. Une fois ce délai épuisé, un nouveau droit de 3 ans s’ouvre si vous avez repris le travail pendant au moins un an.

La baisse du plafond décidée en 2025 continue de produire ses effets. Pour les arrêts qui ont débuté à partir du 1er avril 2025, le salaire retenu est limité à 1,4 Smic, contre 1,8 Smic auparavant. Un salarié dont l’arrêt a commencé avant cette date conserve l’ancien plafond jusqu’au terme de son arrêt. Cette mesure a réduit l’indemnité maximale de plusieurs euros par jour pour les salaires supérieurs à 2 600 euros bruts. Le sujet rejoint celui du pouvoir d’achat, que nous suivons dans notre rubrique argent.

Le complément de l’employeur selon l’ancienneté

L’indemnité de la Sécurité sociale ne représente que la moitié du salaire. Le Code du travail prévoit une indemnité complémentaire à la charge de l’employeur, sous conditions. Selon le régime légal, le salarié doit avoir au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise, avoir transmis son arrêt dans les 48 heures et être pris en charge par la Sécurité sociale. Ce complément légal débute après un délai de carence propre à l’employeur, distinct de celui de la Sécurité sociale, et il garantit un pourcentage du salaire brut qui diminue au fil de l’arrêt. Sa durée augmente avec l’ancienneté.

Ces règles légales constituent un minimum. Beaucoup de conventions collectives sont plus favorables : maintien intégral du salaire, suppression de la carence, condition d’ancienneté réduite. En pratique, c’est le texte applicable à votre entreprise qui détermine ce que vous percevez réellement. Lisez votre convention collective ou demandez le détail à votre service des ressources humaines.

Deux mécanismes existent pour le versement. Soit l’employeur vous verse la totalité (indemnités de la Sécurité sociale et complément) et récupère ensuite les IJ auprès de l’Assurance maladie : c’est la subrogation. Soit vous recevez séparément les IJ de votre caisse et le complément de l’employeur. Votre bulletin de paie précise le mode retenu.

Ce qui change depuis le 1er septembre 2026

Depuis le 1er septembre 2026, le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 encadre la durée de chaque prescription. Un premier arrêt de travail ne peut pas dépasser 31 jours. Chaque prolongation est limitée à 62 jours. Le médecin peut aller au-delà, mais il doit alors le justifier médicalement, en tenant compte des recommandations de la Haute Autorité de santé.

Concrètement, une personne malade pendant plusieurs mois n’est pas privée d’indemnités. Son arrêt se compose simplement de plusieurs prescriptions successives, ce qui implique de revoir le médecin plus souvent. Le respect de ces durées conditionne le versement des indemnités journalières par l’Assurance maladie.

La règle s’ajoute à celle qui vise la téléconsultation. Lorsqu’un arrêt est prescrit à distance par un médecin autre que votre médecin traitant, la prescription initiale ou son premier renouvellement ne peut pas dépasser 3 jours. Cette limite ne s’applique pas au médecin traitant, à la sage-femme référente, ni lorsque vous êtes dans l’impossibilité de consulter en présentiel.

Le prochain rendez-vous à surveiller est la revalorisation du Smic au 1er janvier 2027. Elle relèvera mécaniquement le plafond de 1,4 Smic et donc l’indemnité journalière maximale. Nous mettrons cet article à jour dès la publication des nouveaux montants ; en attendant, retrouvez nos autres guides sur les droits des assurés dans la rubrique santé.